«C’est vrai que ça ne tombe pas très bien», soupire Bastien Monney. Avec ce conseiller communal socialiste morgien, on vient d’évoquer les impressionnants immeubles de béton juste sortis de terre autour de la place de la Gare. Car ceux qui n’ont pas mis les pieds à Morges depuis quelques mois risquent d’être surpris: l’endroit est méconnaissable, entouré d’édifices hauts et spectaculaires. «Ce sont les Morgiens qui ont accepté en votation le Plan partiel d’affectation (PPA) de ce quartier, il y a quelques années», explique Bastien Monney. Les constructions – logements, commerces, bureaux – prévues sur ces parcelles privées devaient participer d’une volonté marquée de densification urbaine. «Mais c’est maintenant seulement que la population réalise les volumes et hauteurs des immeubles.» Et de nombreux citoyens se demandent si c’est encore leur petite ville.

Des installations «surdimensionnées»

Dès lors, les buildings de la gare sonnent un peu comme une alerte alors que la population doit voter le 27 septembre sur un autre PPA proposé par la municipalité à majorité rose-verte, celui du Parc des sports au bord du lac. Evidemment, cela n’a rien à voir: le terrain est en mains publiques, et il ne s’agit pas ici de prévoir de grands immeubles, mais une zone d’activités sportives et de loisirs. Pourtant le référendum lancé contre ce PPA cristallise de fait les passions sur le devenir de Morges et sur la vitesse des changements. «Les gens ont raison de se méfier, sourit Dominique Degaudenzi, à la tête des frondeurs. C’est maintenant, en amont, qu’il faut agir si l’on ne veut pas de volumes constructibles envahissants.» Ce PLR, imprimeur local, a lancé le comité citoyen qui a rapidement récolté les signatures pour que la population puisse voter sur le PPA. Au cœur des aménagements imaginés ensuite se tient aussi un grand centre aquatique régional, supposé devenir l’une des grandes attractions de la ville. Il est devisé à 65 millions de francs. «Il est évident qu’en acceptant le PPA, on vote de fait en faveur de ces installations complètement surdimensionnées», souligne l’opposant.