Certitude sur l’identité de l’auteur de la fusillade, doute complet quant à ses motivations. Un jour après que des coups de feu ont été tirés sur des personnes fréquentant le Centre islamique de Zurich, faisant trois blessés, la police cantonale zurichoise a pu confirmer mardi que l’auteur des faits était bien la personne morte retrouvée sous un pont à quelques centaines de mètres du lieu de culte peu après la fusillade. Tour d’horizon des principaux éléments obtenus lors de l’enquête présentée mardi lors d’une conférence de presse.

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Identifié grâce à des données liées à un vol de vélo

C’est un autre fait survenu dimanche – à première vue sans lien avec l’attaque de la mosquée – qui a mis les enquêteurs sur la trace du tireur, un Suisse âgé de 24 ans avec des racines ghanéennes domicilié dans le district d’Uster. En effet, une personne sans vie avait été retrouvée dimanche matin sur une place de jeu à Schwamendingen, un quartier situé au nord de la ville.

Tuée à l’arme blanche, la victime, âgée aussi de 24 ans, était un homme originaire du Chili, a précisé la police cantonale mardi. Les deux personnes se connaissaient et avaient entretenu une longue amitié, qui avait pris fin il y a quelque temps. La police a pu établir l’identité du meurtrier en comparant les traces d’ADN recueillies sur place avec ses propres bases de données. Faute d’avoir pu l’arrêter à son domicile, la police a commencé à le rechercher, parvenant à le localiser grâce à un appel passé par le meurtrier lundi après-midi. Un portrait a pu ensuite être diffusé lundi après-midi vers 15 heures, soit deux heures avant que n’éclatent des coups de feu au Centre islamique de Zurich tout près de la gare, fréquenté essentiellement par les communautés somalienne et érythréenne.

Pas de lien avec un groupe terroriste

Quant aux motivations de l’auteur de la fusillade, la police a souligné qu’elle ne pouvait faire que des suppositions à ce stade. Aucun lien n’a pu être établi entre l’auteur des faits et le groupe Etat islamique ou une quelconque autre organisation terroriste. L’auteur de la fusillade n’entretenait aucun lien avec la mosquée qu’il a attaqué lundi soir, a ajouté la police.

Malgré tout, un représentant du Centre islamique de Zurich, présent à la sortie de la conférence de presse mardi, se disait convaincu que l’attaque du lieu de culte n’était «pas un hasard».

Attrait marqué pour l’occultisme

La piste de l’extrême droite peut-elle être envisagée? A ce sujet, Christiane Lentjes Meili, la cheffe de la police criminelle zurichoise, a insisté mardi sur le fait que la police n’avait «aucune indication» allant dans ce sens, évoquant plutôt un intérêt marqué du tireur pour l’occultisme. Des objets liés à l’occultisme ayant été retrouvé à son domicile. Autre fait troublant: l’auteur des faits, vendeur de profession, avait démissionné vendredi. Il vivait seul dans son appartement.

Les victimes des tirs sont hors de danger

Quant aux trois victimes des tirs survenus lundi soir, Christiane Lentjes Meili a précisé que les trois personnes, opérées d’urgence, étaient hors de danger. Il s’agit d’un Suisse âgé de 56 ans ainsi que de deux Somaliens âgés de 30 et 55 ans. «Leur vie est hors de danger», a-t-elle ajouté mardi.

Mardi en début de soirée, le calme était revenu dans le quartier. A deux pas du local de prière dont l’entrée était encore scellée par la police, une patinoire artificielle installée dans le quartier flambant neuf d’Europaallee faisait à nouveau le plein de visiteurs.