Fort d'une consultation auprès de 48 000 personnes concernées qui s'annoncent à 57,41% favorables à la révision des dates de vacances scolaires, le Département vaudois de la formation et de la jeunesse (DFJ) a décidé de poursuivre la mise en œuvre de son projet. L'idée de base de cette réforme est de mieux coller au rythme des élèves, en instaurant deux semaines de vacances toutes les sept à huit semaines d'école, ce qui aurait pour principale conséquence de décaler les actuelles vacances de Pâques en mai, et de raccourcir d'une semaine la longue pause de l'été.

Le département a distribué les questionnaires par le biais des directions d'écoles, des autorités municipales et commissions scolaires, et estime sa méthode objective. Il a ainsi touché 48 000 personnes, dont quelque 38 000 parents d'élèves, 5000 enseignants, 2200 représentants des autorités politiques cantonales, communales et commissions scolaires, et 2800 gymnasiens et futurs enseignants. La circulaire, à laquelle était joint un calendrier de la nouvelle formule jusqu'en 2006, expliquait les raisons de la réforme, son principe, et proposait également une uniformisation des dates de vacances au niveau du canton. Les deux questions étaient posées de manière distincte: «Etes-vous favorable au calendrier?» puis plus bas: «Etes-vous favorable à une harmonisation cantonale des vacances?» La réponse à cette dernière question est très claire: 80,8% de oui.

Les parents d'élèves seraient, selon cette enquête, à 59,91% convaincus par la réforme. «Ils perçoivent le stress de leurs enfants avant Noël et avant l'été, estime Pierre-André Pellet. D'autres sont furieux car n'ayant que quatre semaines de vacances, l'allongement et le déplacement de celles de leurs enfants leur posent un problème d'organisation: comment les occuper?» Côté enseignants, le fonctionnaire remarque que les avis sont très tranchés par collège, et que Lausanne a un taux de réponses négatives plus élevé. A Lausanne, justement, Denis Roubaty, enseignant, opposé à cette réforme, juge que sans le raccourcissement des vacances d'été, elle passerait très bien. Quant aux gymnasiens et futurs enseignants, ils sont à 75% réfractaires à l'idée. Pour le DFJ, il s'agit maintenant de «ne pas décevoir six personnes sur dix, quitte à en fâcher quatre sur dix»

En tenant compte des réponses, un bassin de recrutement va être recherché, pour une zone pilote où tous les degrés seront mis au nouveau régime d'ici à la rentrée 2000-2001. Ce test sera suivi scientifiquement par des chercheurs, qui tenteront d'évaluer la fatigue des enfants, notamment par les notes, les absences ou les punitions, dans les deux systèmes.