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Dans les circonstances actuelles, la candidature de Pierre Maudet n’était pas la plus attendue.
© SALVATORE DI NOLFI / Keystone

Réactions

Le pari osé de Pierre Maudet

Hormis l’UDC, la classe politique fédérale salue globalement la candidature du Genevois au Conseil fédéral. Ce qui ne garantit malgré tout à Pierre Maudet aucun soutien au final

Un homme romand. Dans les circonstances actuelles, la candidature de Pierre Maudet n’était pas la plus attendue. Mais le Genevois est décrit comme prétendant naturel au Conseil fédéral depuis tant d’années que son annonce a finalement peu surpris. «Cette candidature était dans l’air. Pierre Maudet est une personnalité émergente, que l’on dit forte, ici au Tessin, et qui présente un bon potentiel. C’est normal qu’il se présente», réagit le conseiller national Fabio Regazzi (PDC/TI).

Lire aussi: Pierre Maudet: «Je suis un candidat de propositions»

«Je regrette, ce n'est pas le moment»

Sur le fond, l’approche de la candidature de Pierre Maudet, axée sur le contenu et le débat politique, séduit Fabio Regazzi: «C’est mon espoir! Le but d’une campagne au Conseil fédéral devrait être en effet de confronter des idées, de débattre et non d’élire un homme, une femme, un Romand ou un Tessinois.» Mais dans la foulée, il avoue que même si le Genevois devait davantage le convaincre sur le terrain des idées, il votera tout de même pour Ignazio Cassis.
Présidente de Pro Natura et conseillère nationale, Silva Semadeni (PS/GR) connaît Pierre Maudet de longue date. «Il m’avait raconté qu’étant jeune, il a vendu l’Ecu d’or de Pro Natura», se souvient-elle. Cette Grisonne de «culture et de langue italienne» s’excuse presque de ne pas pouvoir le soutenir aujourd’hui. «C’est un candidat de valeur pour le Conseil fédéral. Mais je le regrette, ce n’est pas le bon moment. Dans le contexte actuel, une candidature de langue et de culture italienne a la priorité pour moi.»

Pierre Maudet? «J’ai demandé à ma femme si elle le connaissait. Elle m’a répondu non et cela ne m’a pas surpris», glisse le vieux routier de la politique fédérale Luzi Stamm (UDC/AG), illustrant le déficit de publicité du Genevois outre-Sarine.

Bon accueil romand

En Suisse romande, bien que ni femme ni Tessinois, Pierre Maudet garde toutes ses chances. Le Tessin ayant ouvert le jeu en présentant Ignazio Cassis comme seul candidat, les Romands estiment ne pas devoir se priver. La candidature du conseiller d’Etat genevois séduit ainsi tous azimuts, sauf à l’UDC.

Un «excellent candidat» avec une «solide expérience d’exécutif»: le conseiller national Philippe Nantermod (PLR/VS) n’est pas surpris que le Genevois se lance. Au-delà de l’origine ou du genre, les compétences doivent à ses yeux primer. «Pierre Maudet a d’autres atouts, comme celui de représenter des générations plus jeunes.»

«Il surpasse Ignazio Cassis»

«Cette candidature est légitime et augure un joli débat au sein du groupe», estime le conseiller national Jacques Bourgeois (PLR/FR), qui mûrit sa décision jusqu’au 9 août. Pierre Maudet a également les faveurs du conseiller national Jean Christophe Schwaab (PS/VD). «Il surpasse Ignazio Cassis qui refuse les quotas et est très lié au lobby des assureurs.»

Président du groupe parlementaire latin, Olivier Feller (PLR/VD) tempère: «Sans remettre en cause les indéniables qualités de Pierre Maudet, il y a un mouvement de fond en faveur d’un Tessinois ou d’une femme. Sauf énorme imprévu, Ignazio Cassis sera élu. Trois Romands au Conseil fédéral, ce serait très difficile à faire passer outre-Sarine.»

Un ticket à trois noms reste possible

A l’UDC romande, l’accueil reste frileux, même au bout du lac. La conseillère nationale Céline Amaudruz (UDC/GE) veut croire à la solidarité cantonale, mais reconnaît que la tâche s’annonce rude. Pro-européen, très critique envers le 9 février, fer de lance du projet de régularisation des sans-papiers Papyrus, Pierre Maudet est bien plus éloigné des idées de l’UDC que ne l’est Ignazio Cassis. Ultime problème selon Céline Amaudruz: il est binational.

Le pari de Pierre Maudet s’annonce donc osé. Mais sa candidature à ce stade soulage aussi le PLR suisse. A six jours du délai de dépôt des candidatures, le parti a au moins désormais trois intéressés. «Cette candidature est importante. Le groupe PLR a besoin de pouvoir faire un choix et de placer sur son ticket les meilleurs candidats», estime le conseiller aux Etats Ruedi Noser (PLR/ZH), qui, pour sa part, laisse ouverte l’idée d’un ticket à trois, voire quatre noms soumis à l’Assemblée fédérale. 

Lire notre dossier: La succession de Didier Burkhalter 

Dossier
Succession de Didier Burkhalter: l'élection d'Ignazio Cassis au Conseil fédéral

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