L’UDC a raté son coup: le National a dissocié jeudi par 101 voix contre 91 l’initiative populaire «contre les rémunérations abusives» de la révision de la SA. Le texte de Thomas Minder pourra ainsi être traité sans attendre et soumis au peuple, accompagné d’un contre-projet direct.

L’UDC n’a pu compter que sur le soutien du PLR. Le parti, qui a passé une entente avec Thomas Minder en vue d’un éventuel retrait de l’initiative, souhaitait poursuivre les travaux au niveau de la révision du droit de la société anonyme (SA). Ce projet aurait servi de contre-projet indirect, l’UDC assurant que cette solution permettrait d’aller plus vite.

S’il y a un réelle volonté politique de soutenir les revendications de l’initiative, le Parlement peut boucler ses travaux rapidement et mettre en vigueur des nouvelles règles plus sévères contre les salaires abusifs dès l’année prochaine, a déclaré Pirmin Schwander (UDC/SZ).

Ces affirmations ont été vivement contestées, notamment à gauche. L’UDC pense que l’initiative est mauvaise pour l’économie suisse et veut son retrait, a lancé Daniel Vischer (Verts/ZH). Et si Thomas Minder pense qu’il y aura une majorité au Parlement pour reprendre ses revendications, il se trompe, a-t-il poursuivi.

Contre-projet direct

Pour la majorité, PS, Verts, PDC et PBD, le but est de soumettre l’initiative le plus rapidement possible au verdict du peuple. Si l’on attend encore la fin des travaux sur le droit de la SA, le délai pour la votation populaire pourrait être reporté à août 2013, a relevé Susanne Leutenegger Oberholzer (PS/BL) au nom de la commission.

En souhaitant une votation rapide sur l’initiative, la gauche mise sur le succès de cette dernière. Le PDC et le PBD misent eux plutôt sur le contre-projet direct qui serait soumis parallèlement au peuple. Une «alternative crédible», selon Pirmin Bischof (PDC/SO). Un point de vue qui a reçu le soutien de la conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf.

Suite des débats

Le National va désormais se prononcer sur l’initiative et sur un contre-projet direct. Reste à savoir quel sera le contenu de ce dernier. Libéraux-radicaux et démocrates-chrétiens vont tenter d’en atténuer la portée alors que la gauche va essayer de davantage serrer la vis. L’UDC s’efforcera également de corriger le tir.

Le mot d’ordre du Conseil national sera en outre le fruit de majorités croisées. Il pourrait déboucher sur un double «oui» à l’initiative (soutenue par la gauche et l’UDC) et au contre-projet (soutenu par la gauche, le PLR et le PDC). Ces décisions pourraient n’être connues que mercredi prochain, les services du Parlement ayant agendé près de 10 heures de débats.