Le parlement jurassien est le premier Grand Conseil à rejeter la réforme Ymago de La Poste. «Un pur projet de démantèlement», clame la députée socialiste Maria Lorenzo, auteure d'une résolution adoptée par 52 des 60 parlementaires, tous partis confondus. Rejetée par un seul élu, le PDC André Burri, membre de la direction de Car postal. «Par loyauté envers mon employeur», justifie-t-il.

«Ymago met en péril le service public. L'externalisation des prestations auprès d'agences pourrait se terminer par la fermeture des offices de poste, qui contribuent grandement à la promotion économique dans les régions périphériques», dit la résolution.

Elle exige de reprendre le programme Ymago dans le Jura. La direction de La Poste a pourtant rencontré le ministre Laurent Schaffter avant d'arrêter ses réformes. Le ministre jurassien dit être parvenu à décrocher quatre offices principaux, à Delémont, Porrentruy, Saignelégier et Bassecourt, au lieu des trois prévus initialement. Le projet doit générer la suppression de huit des 200 places de travail de La Poste dans le Jura, par le biais principalement de réductions de temps de travail, «envers des femmes au guichet», s'insurge Maria Lorenzo.

A La Poste, on enregistre la résolution jurassienne avec philosophie: «La direction répondra», explique le porte-parole Laurent Widmer. Qui réfute une assertion du parlement jurassien: «Nous n'allons pas saper le réseau des offices de poste. Il s'agit avant tout d'une réorganisation interne qui ne provoquera aucun changement pour le client.» Le porte-parole fait encore remarquer que le Jura n'est pas particulièrement martyrisé par La Poste: la part des employés de La Poste dans le Jura est de 16‰, la moyenne suisse de 13,6‰.

«En septembre 2004, plus de 70% des Jurassiens plébiscitaient l'initiative «Poste pour tous», relève encore la résolution. La précédente réforme, entre 2001 et 2005, a vu le nombre d'offices postaux jurassiens passer de 79 à 27 offices classiques, 24 filiales et 31 services à domicile.