Le 10 juin, en votation populaire, les Neuchâtelois devront ratifier le programme de rattrapage destiné à généraliser les structures d'accueil de la petite enfance, et offrir une seconde année facultative et à temps partiel de l'école enfantine. Ressorti des tiroirs juste avant les élections cantonales, le projet a franchi l'obstacle du Grand Conseil mardi: il a été approuvé par 80 voix contre 21. La majorité composée du gouvernement, de la gauche, de la plupart des radicaux et d'une petite moitié des libéraux estime qu'il appartient à l'Etat et aux communes d'organiser et de financer les crèches. Le dispositif doit être généralisé et supportable pour tous les parents. Un barème cantonal de référence sera établi et les tarifs adaptés au revenu et au nombre d'enfants.

Une minorité composée des libéraux et d'une poignée de radicaux combat ce «tout à l'Etat» et préconise la privatisation des crèches. «Le rôle de l'Etat doit se limiter à octroyer des subventions, en fonction de ses moyens», commente le député Nicolas Aubert. Son raisonnement ne résiste pas à l'épreuve des faits. Aucune entreprise neuchâteloise ne propose d'accueillir les enfants de ses employés. Une telle option est «fragile», remarque le conseiller d'Etat Thierry Béguin, se souvenant que les crèches ouvertes par le passé dans de grandes entreprises ont disparu avec la récession.

Le débat a révélé deux personnalités, candidates au Conseil d'Etat le 8 avril. Le conseiller d'Etat radical Thierry Béguin a remarquablement conduit son projet, se positionnant en homme d'Etat, centriste voire au centre gauche. Autre prise de position très observée, celle de la candidate libérale Sylvie Perrinjaquet, impliquée dans la genèse d'un projet qu'elle a jusqu'ici défendu. Au moment du vote, elle n'a pas tremblé, préférant l'intérêt général à la dogmatique libérale.