L’alternative à la traversée de la Rade en passe d’être noyée

Mobilité Jeudi, l’extrême droite et la gauche se dirigeaient vers un abandon du contre-projet de l’Entente

La décision du Parlement genevois relevait d’une brûlante attente. Celle de savoir si les députés allaient présenter un contre-projet à l’initiative populaire de l’UDC prônant une traversée de la Rade. Jeudi soir, une majorité du Grand Conseil a tranché en refusant cette alternative. Appelés aux urnes avant 2015, les électeurs genevois répondront donc à la question manichéenne de savoir si la construction d’une «petite traversée» de la Rade les séduit. Les démocrates du centre ont pu compter sur le double soutien du Mouvement citoyens genevois (MCG) et de la gauche genevoise pour faire sombrer le contre-projet d’une grande traversée du lac. Un soutien commun mais des raisons divergentes.

Outre sa fébrile fidélité à son allié UDC, le parti contestataire justifie son opposition par la crainte de revivre la votation de 1996. A l’époque, les Genevois avaient simultanément refusé de relier les deux rives par le biais d’un pont et d’un tunnel, alors qu’une majorité de la population était favorable à l’idée générale d’une traversée. Pour les écologistes, les deux alternatives sont férocement abhorrées. «Ces projets sont beaucoup trop onéreux, fustige la députée Lisa Mazzone (Verts). Ils ne supprimeront aucun embouteillage. Au contraire, ils provoqueront un appel d’air.» Qualifiée de solution magique, par Thomas Wenger (PS), la grande traversée autoroutière ne soulagera le trafic que de 8% à l’entrée du coeur de l’agglomération. «Faut-il dépenser 3,5 milliards de francs pour ça?» questionne abruptement ce dernier. Derrière sa position, les députés socialistes se sont ralliés.

«Ne rien faire, c’est encore pire, avait pourtant plaidé Yvan Slatkine. Ne pas soutenir le contre-projet, c’est approuver une solution qui ne résoudra rien», avait conclu le libéral-radical. Non sans rappeler qu’une traversée de la Rade – laquelle est estimée entre 1,2 et 1,5 milliard de francs – ne bénéficiera pas de la manne fédérale, alors qu’une grande traversée pourrait être financée par Berne, si l’Office fédéral des routes décidait en 2016 de l’inscrire au registre des «routes nationales». Cela n’aura pas suffi à faire vaciller le troisième bloc (MCG-UDC) du législatif. Les alliances étaient déjà scellées.