Oskar Freysinger scrute le parlement, la mine sombre. La présidente Esther Waeber-Kalbermatten rappelle les décisions prises par le gouvernement suite aux propos eugénistes du survivaliste Piero San Giorgio, ancien consultant du ministre de la sécurité. Malgré tout, de nombreux députés prennent la parole pour sermonner le Conseiller d'Etat UDC ou pour lui demander des explications. Pour la présidente du parti socialiste Barbara Lanthemann, «la confiance est rompue.»

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Après avoir cessé toute collaboration avec Piero San Giorgio, le gouvernement a réorganisé le groupe de travail qui doit analyser les risques et les dangers auxquels l'Etat entend se préparer. Le conseiller en communication Slobodan Despot et le philosophe Eric Werner n'en font plus partie mais pourront toujours bénéficier de mandats externes: «Le Conseil d’Etat veillera à ce qu’ils ne portent pas atteinte à l’image et à la réputation du canton.»

Deux postulats et 20 questions

Ce vendredi, le Grand Conseil a accepté deux postulats signés par des élus de toutes les formations politiques sauf l'UDC. Le premier demande au Conseil d'Etat de réaffirmer ses valeurs humanistes. Le second exige le retrait de la compétence du ministre de la sécurité dans la planification des risques, la dissolution du groupe de travail, et une redistribution de l'ensemble des tâches au gouvernement. Voté par 62 parlementaires contre 24, il ne sera vraisemblablement pas exécuté.

J’ai les nerfs solides et je ne craque pas même si c’est visiblement le but recherché

Oskar Freysinger prend tardivement la parole, pour répondre à une vingtaine de questions sur le mandat confié au survivaliste. Il en profite pour délivrer un message personnel: «Ça fait quatre ans que je suis soumis à une pression constante qui porte sur tout et rien. J’ai les nerfs solides et je ne craque pas même si c’est visiblement le but recherché». Un brouhaha de protestation agite le parlement. Quelques députés UDC applaudissent.

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