Le parlement tessinois a approuvé mercredi l'introduction d'un salaire minimum. Le projet émanant du Conseil d'Etat prévoit un salaire minimum compris entre 18,75 et 19,25 francs, un montant inférieur à celui proposé par une initiative cantonale en 2015. Contrairement au salaire minimum «fixe» de Neuchâtel et le Jura, celui du Tessin sera successivement augmenté ces quatre prochaines années. Il s'agit d'un salaire minimum «différencié», selon des représentants du gouvernement.

Un quart de bas salaires

La décision du Conseil d'Etat fait suite à l'initiative populaire cantonale des Verts approuvée par le peuple en 2015. Elle permet à des secteurs individuels de négocier un salaire minimum si aucune convention collective de travail (CCT) n'existe. L'initiative exige aussi que le gouvernement fixe un salaire minimum proportionnel au salaire médian selon l'activité et le secteur, si cela n'est pas déterminé par une convention collective de travail.

En réponse, le ministre tessinois des finances et de l'économie Christian Vitta (PLR) a présenté en novembre 2017 un projet de loi sur un salaire minimum cantonal, qui sera différencié par branche. Il devrait se situer entre 3372 et 3462 francs, ce qui correspond a un salaire horaire en dessous de 20 francs.

Le Tessin est généralement considéré comme un canton à bas revenus. Près d'un quart des emplois du canton sont à bas salaires alors que la moyenne suisse se situe à 10%.

Neuchâtel pionnier

Les parlements fribourgeois et thurgovien ont rejeté l'introduction d'un salaire minimum. Outre le Tessin, deux cantons l'ont approuvé: Neuchâtel l'applique en pionnier depuis l'an dernier, suite à un vote populaire en 2011; le Jura est en train de le mettre en oeuvre, six ans après l'adoption d'une initiative populaire.

Dans le canton de Genève, les citoyens se prononceront sur une initiative populaire du même type, de même que ceux de Bâle-Ville. Au niveau fédéral, une initiative populaire de l'Union syndicale suisse a été balayée par les citoyens en 2014.