Il faut rendre acceptable le projet de reconstruction du parlement vaudois avant de le soumettre au peuple. C’est la conviction du Conseil d’Etat qui a dévoilé ce mardi sa stratégie, alors qu’il a fixé au 3 mars 2013 la date de la votation populaire sur ce thème controversé: la toiture audacieuse prévue par les architectes est dans la ligne de mire d’un référendum intitulé «Non au toit!»: pas moins de 17 000 signatures ont été déposées le mois dernier.

L’argentier cantonal Pascal Broulis a exposé les enjeux. Il existe un «important risque d’échec» si le projet est présenté tel quel aux citoyens. Le canton perdrait les 4 millions de francs déjà investis dans la préparation du projet architectural et plusieurs années pour élaborer une nouvelle copie, pendant qu’une ruine continuerait de défigurer le cœur de la capitale vaudoise. Une abrogation par les députés du décret qui finance le projet aurait les mêmes conséquences.

Le magistrat radical note que les référendaires ne contestent pas la nécessité de doter les élus d’un nouveau bâtiment, mais essentiellement la forme et le matériau envisagés par les architectes pour la toiture du nouveau parlement. Pascal Broulis estime possible de faire évoluer le projet, en concertation avec le Grand Conseil, les référendaires et les architectes et afin de proposer aux citoyens un projet révisé. Celui-ci devrait toutefois s’en tenir à l’enveloppe financière définie par le décret, soit 15,52 millions de francs.

Les architectes ont moins de six mois pour plancher sur une solution de remplacement. Le volume du toit pourrait être réduit de 10 à 20% et l’inox étamé gris remplacé par des tuiles, a détaillé Pascal Broulis. Ces solutions étaient jusqu’ici techniquement exclues, le bâtiment étant voulu exemplaire d’un point de vue énergétique.

Le parlement, qui doit être consulté sur cette démarche d’ici au 18 septembre, se prononcerait sur le projet révisé, avant que celui-ci ne soit présenté au peuple. Tour de passe-passe? Juridiquement, c’est la clarté qui compte, estime le gouvernement vaudois.

Inauguré en 1804, le bâtiment parlementaire édifié par Alexandre Perregaux sur des fondements médiévaux avait pris feu le 14 mai 2002, alors qu’une rénovation était entamée depuis huit mois. Ses ruines ont été sécurisées au moyen d’un abri provisoire.