Le Ministère public de la Confédération (MPC) a ouvert le 14 août «une procédure pénale contre deux organes de 1MDB» – le fonds souverain de Malaisie contrôlé par le premier ministre, Najib Razak –, a appris Le Temps. Les faits reprochés: corruption d’agents publics étrangers, gestion déloyale des intérêts publics et blanchiment d’argent.

L’affaire concerne l’un des plus gros scandales financiers de l’Asie du Sud-Est. Soit le détournement de 700 millions de dollars, impliquant la société PetroSaudi à Genève. Le pouvoir malaisien en place (Najib Razak) aurait détourné les fonds incriminés à des fins de campagne politique.

L’information provient du Genevois Xavier Justo. Cet ancien directeur de PetroSaudi a volé des données à son ex-employeur, attestant la malversation. Arrêté en Thaïlande en juin, il vient d’être condamné à 3 ans de prison pour tentative de chantage, sur plainte de PetroSaudi. Xavier Justo a en effet admis avoir tenté de monnayer les 90 gigas subtilisés à la multinationale pétrolière, avant de les livrer à la presse étrangère.

La Finma mène l’enquête

Contacté, le Bruno Manser Fonds (BMF), à l’origine de deux plaintes dans cette affaire, s’est déclaré satisfait, quoique surpris par les entités visées dans la procédure helvétique. «Nous nous attendions à ce que la société PetroSaudi à Genève soit directement dans la ligne de mire du parquet fédéral, ainsi que les antennes zurichoise et genevoise des banques RBS Coutts et JPMorgan», indique Lukas Straumann, directeur du BMF.

A l’appui de ses accusations, plusieurs formulaires et courriels décrivant les procédures d’ouverture de comptes et les schémas de transfert, dont Le Temps a reçu une copie. Interpellés, les établissements financiers impliqués n’ont pas souhaité s’exprimer. Le gendarme financier suisse (Finma) mène actuellement sa propre enquête.

Le MPC ne précise pas les noms de ceux qui sont visés par sa procédure pénale. «La transaction s’étant faite dans le cadre d’une coentreprise entre 1MDB et PetroSaudi, c’est peut-être cette entité commune qui est plus directement ciblée», suppose Lukas Straumann.