Dominique Warluzel, un homme dangereux, un potentiel récidiviste de la colère mal maîtrisée, un manipulateur qui voudra influencer sa victime et un prévenu trop riche pour ne pas tenter de fuir. Tel est en substance le regard sombre que porte le procureur Walther Cimino sur la requête de mise en liberté provisoire déposée par la défense du célèbre avocat. Ce dernier, désormais assisté de Mes Pascal Maurer et Jacques Barillon, se déplacera en personne lundi devant le Tribunal des mesures de contrainte pour essayer de convaincre les juges de le laisser quitter l’unité cellulaire hospitalière.

Détenu depuis le 2 janvier pour avoir tiré en direction d’une aide-soignante dans la suite d’un palace genevois, Dominique Warluzel ne doit pas, à dire de procureur, être autorisé à rejoindre une clinique, même sous la surveillance d’une sécurité privée. Le Ministère public estime que l’intéressé a déjà fait la preuve de sa dangerosité en usant d’un revolver pour une simple contrariété, qu’il pourrait influencer sa victime avant la reconstitution et que les charges pourraient encore s’alourdir notamment avec des infractions sur les armes et le non-paiement de cotisations sociales pour ses employés.

Moyens financiers considérables

Le risque de fuite paraît très concret aux yeux du procureur qui rappelle que Dominique Warluzel détient aussi un passeport français, qu’il n’a plus beaucoup d’attaches en Suisse, qu’il possède d’importants moyens financiers et de nombreux contacts de part le monde. Sans ses papiers, il pourrait tout de même quitter le territoire par la voie terrestre. Le Ministère public fait aussi remarquer qu’aucune caution n’a été proposée et trouve cela plutôt étrange alors que le prévenu envisage d’assumer les coûts élevés d’une hospitalisation ainsi que d’un service de garde. Soit environ 125 000 francs par mois.

De son côté, Me Maurer «reste persuadé que tous ces risques n’existent pas». Le défenseur estime bien plus intelligent de permettre à Dominique Warluzel d’entrer en clinique, sous bonne garde, le temps d’une l’expertise psychiatrique, plutôt que de le maintenir dans une unité où sa santé se dégrade. La défense plaidera donc les mêmes mesures de substitution à l’intention du tribunal. La réponse devrait tomber d’ici mercredi.