«Oui, on a les contacts nécessaires pour se fournir une arme.» Lancée comme une évidence par un habitant des Libellules, la phrase jette comme un froid dans la salle du Tribunal criminel. Au procès de Tino, jugé depuis lundi pour avoir criblé de balles son copain Hakim à l’aide d’un pistolet semi-automatique acheté dans les parages, le témoin en question explique aussi qu’il était le seul à être très inquiet car il avait bien senti l’énervement du prévenu après un premier affront. «Cela se voyait dans son regard.» Une colère qui n’avait pas lieu d’être: «On se provoquait tous, il n’y avait rien de méchant. Il nous traitait de sale nègre et nous le traitions de spaghetti. Cette bagarre était une broutille. Il fallait régler ça avec la parole.»