Samuel Schmid, empêtré dans le «cas» Roland Nef, peut-il toujours être la figure de proue du Parti bourgeois démocratique (PBD) en plein démarchage de membres? La polémique, qui enfle autour du ministre de la Défense et du chef de l'armée, a-t-elle des conséquences dans la campagne d'adhésion du PBD? Les avis divergent.

Le 2 juin, Samuel Schmid prenait clairement ses distances avec l'UDC blochérienne en déclarant soutenir les élus modérés bernois, qui annonçaient vouloir créer une nouvelle formation politique. A ce moment, la déclaration de Samuel Schmid, représentant emblématique de l'UDC bernoise traditionnelle, conférait au PBD une certaine assise. Ce d'autant plus qu'Eveline Widmer-Schlumpf, qui venait d'être frappée d'exclusion par son ancienne famille politique, rejoignait, de son côté, la section grisonne du PBD.

Le Parti bourgeois démocratique est apparu sur la scène politique avec une forte délégation de têtes de liste, élues sur le plan cantonal ou fédéral, mais il lui manque encore une base (LT du 10.07.08).

Aujourd'hui, critiqué pour sa gestion du dossier Nef, le ministre est dans une situation délicate. Du rôle de figure de proue du bateau, le Bernois n'est-il pas maintenant relégué à celui d'ancre?

Un parti national, l'objectif à atteindre

Hans Grunder, conseiller national bernois et membre fondateur du PBD, relativise l'impact de cette affaire pour son parti. «Pour l'heure, cela n'a pas encore de conséquence. Nous avons tous les jours de nouvelles adhésions. Aujourd'hui encore, trois conseillers communaux ont rejoint notre formation», comptabilise-t-il.

La section bernoise flirte maintenant avec les 1000 membres. Le conseiller national craint cependant qu'une fois les faits mis à plat, notamment durant la prochaine séance du Conseil fédéral, un retour de flamme ne s'opère sur son parti.

Un autre bourgeois démocratique, sous le couvert de l'anonymat, estime que «l'on n'adhère pas au PBD pour Samuel Schmid mais parce que l'UDC ne convainc plus.»

Au sein même du PBD, l'omission de Samuel Schmid n'est pas passée inaperçue. Selon Hans Grunder, la direction du parti s'est réunie pour discuter du cas, mais n'a toutefois pas envisagé de lui demander de se retirer, même si la possibilité a été évoquée.

Le PBD a maintenant une seule ligne de mire: la session d'automne, où il compte fonder officiellement un parti national.