Le Parti bourgeois-démocratique (PBD) vient de passer son premier examen avec succès. Lors des élections communales bernoises de dimanche dernier, la nouvelle formation, qui a présenté des listes dans cinq communes - Berne, Berthoud, Belp, Kirchberg, Rubigen et Aefligen -, a été créditée d'excellents résultats au détriment de l'UDC et du PRD. Au final, le PBD a raflé six et sept sièges respectivement dans les législatifs de la ville de Berne et de Berthoud. Il a, de plus, décroché huit sièges d'exécutifs communaux, dont un à Berthoud.

«Nous avons été agréablement surpris par le score de notre première échéance électorale», relève Hans Grunder, le président du PBD suisse et conseiller national bernois. Et d'ajouter: «Cela nous conforte dans l'idée qu'il y a une place pour notre parti dans le paysage politique.» Le président se réjouit surtout d'avoir réussi à prendre des voix tant à la gauche de l'UDC qu'à la droite du Parti radical (voir ci-dessous). La conseillère nationale Ursula Haller (PBD/BE) estime que son parti a aussi réussi «à attirer de nouveaux électeurs, qui ont été satisfaits de voir apparaître une nouvelle formation dans le paysage politique».

L'UDC relativise

Dans de nombreuses agglomérations toutefois, le PBD n'avait pas les forces suffisantes pour présenter des candidats, ce qui force à relativiser le tableau général. «Nous n'avions pas assez de temps», s'excuse Hans Grunder. «Dans deux ans, pour les élections cantonales bernoises, nous aurons mis en place des sections dans chaque district», prévient Ursula Haller. Pour l'heure, le PBD ne compte que 1800 membres dans le canton de Berne.

Le week-end dernier, la principale victime de la percée du Parti bourgeois-démocratique fut l'UDC. Sa défaite reste honorable à Berne. A Belp et à Berthoud par contre, l'UDC perd à chaque fois plus de 10%. Le président de l'UDC bernoise, le conseiller national Rudolf Joder, tente de relativiser ce recul et l'importance de la progression du PBD. «On ne peut pas encore constater de réelle croissance. Les élus PBD sont d'anciens UDC, qui se sont servis de leur ancienne étiquette pour obtenir des suffrages», analyse le président. Il reste que l'UDC a également perdu des sièges dans les communes où la concurrence du PBD était inexistante. Pour 2010, Rudolf Joder espère montrer où se situe la différence entre les deux formations, pour reprendre du terrain.

Autres lésés, les radicaux ont aussi senti passer le vent du boulet. Dans les communes où le PBD était présent, le PRD a perdu trois à cinq points. Johannes Matyassy, le président de la section bernoise du PRD, estime que «le parti s'est très bien tiré d'affaire sur l'ensemble du canton, exception faite de la ville Berne». S'il reconnaît que la pression est plus grande avec l'apparition des Verts libéraux et du PBD, Johannes Matyassy y voit surtout un renforcement du camp bourgeois.

Progression nationale?

«Le PBD a la preuve que son aventure n'est pas insensée», souligne Hans Hirter, politologue à l'Université de Berne. Ce dernier remarque que le PBD, notamment à Berne, est parvenu à gagner des sièges avec des candidats qui n'étaient pas de grandes figures. «Le PBD est attrayant, il peut tenir le coup et désormais penser à élargir son emprise», souligne-t-il.

Cette réussite pourrait être amenée à se répéter dans d'autres sections cantonales. Selon Hans Hirter, les clivages qui règnent actuellement au sein de l'UDC et les attaques contre Peter Spuhler et Ulrich Giezendanner vont encore jouer un rôle positif pour le PBD dans les cantons.

A l'échelle nationale, cependant, les quatre représentants du PBD peinent à marquer leur présence, faute d'avoir pu constituer leur propre groupe parlementaire. Avec un groupe, le PBD pourrait notamment jouer le rôle d'aiguillon dans la politique économique et énergétique entre l'UDC et le PRD. Cependant, le départ du socialiste glaronais Werner Marti du Conseil national pourrait permettre aux bourgeois-démocrates de placer l'un des leurs, lors des élections complémentaires de mars. L'occasion pour le PBD de remporter une seconde victoire et d'accueillir un cinquième représentant sous la Coupole, synonyme de groupe parlementaire.