Cette initiative trouve son origine dans le projet de nouveau stade du Hardturm, prévu à Zurich dans la perspective de l'Euro 2008. Que s'est-il passé? En septembre 2003, les citoyens zurichois ont approuvé le plan d'aménagement du stade et du centre commercial qui devait l'accompagner. Trois semaines après la votation populaire, la section zurichoise de l'Association transports et environnement (ATE) a déposé un recours, à côté d'autres oppositions formulées par des riverains.

Cela a déclenché une partie de ping-pong politico-juridique dont les acteurs furent, tour à tour, le Conseil d'Etat zurichois, le Tribunal administratif cantonal, puis le Tribunal fédéral (TF). Le litige portait sur le nombre de places de stationnement et sur les mouvements motorisés autorisés aux abords du stade et du centre commercial.

Dans cette affaire, c'est bien la Ville de Zurich et le principal promoteur du projet, Credit Suisse, qui ont porté l'affaire devant le TF et fini par jeter l'éponge et préférer se tourner vers la rénovation du Letzigrund, car les délais devenaient trop courts pour que la nouvelle enceinte soit prête pour l'Euro 2008. Mais l'affaire a provoqué une crise au sein de l'ATE, car sa section zurichoise s'est entêtée dans ses oppositions, contre l'avis de l'organe faîtier national.

L'ATE a toujours contesté être la cause de l'abandon du projet du Hardturm, prétextant que ce sont les promoteurs qui l'ont laissé tomber et que les principaux recours émanaient de privés. C'est aussi l'avis exprimé par le professeur René Rhinow, ancien parlementaire radical, dans une brochure éditée par Pro Natura. Les partisans de l'initiative affirment de leur côté que l'entêtement de l'ATE a eu raison de la patience des promoteurs et que c'est l'ATE qui a «convaincu quatre riverains de déposer des recours».