Dans une interview au «Tages-Anzeiger» et à «Der Bund» publiée jeudi, le président du Parti socialiste suisse, Christian Levrat, annonce le lancement d’un référendum contre la réforme fiscale RIE III.

«Nous lançons le référendum. Nous en avons discuté à la présidence et à la direction du parti», a-t-il déclaré.

Christian Levrat accuse le parlement d’avoir fait trop de concessions aux milieux économiques. La réforme coûtera trop cher aux finances publiques. Et même si celle-ci n’est pas encore définitivement approuvée par le parlement, le débat sous la Coupole ne porte plus que sur son coût: 1,8 ou 2 milliards de francs. Pour le président du PS, c’est de toute façon trop.

«Les milieux économiques et les bourgeois ont décidé d’aller jusqu’au bout de la réforme contre le Parti socialiste, bien que nous leur ayons tendu la main pour un compromis», a expliqué Christian Levrat. «Je suis optimiste sur nos chances de gagner. Les gens vont vouloir tirer le frein à main.»

La RIE III (pour Réforme de l’imposition des entreprises III) a été lancée par la Suisse sous la pression de l’Union européenne et de l’OCDE. Ces instances ont aboli les régimes fiscaux préférentiels réservés aux entreprises multinationales. La Suisse, qui en a fait un large usage durant des décennies, a décidé d’égaliser les taux d’imposition entre sociétés suisses et étrangères, en éliminant les niches fiscales préférentielles.

Il y a dix jours, le canton de Vaud a plébiscité un taux unique de 13,7% sur les bénéfices des entreprises. Christian Levrat craint désormais que tous les cantons s’alignent à la baisse, dans une spirale de moins-disant fiscal. Mais sans prévoir les mesures sociales qui, dans le canton de Vaud, ont permis au Parti socialiste de soutenir la RIE III.