Politique

Le Parti socialiste demande un large débat sur l'Europe

Christian Levrat, qui reste président, définit trois dossiers prioritaires: les finances, les relations Suisse-UE et la transparence

La politique financière, les relations avec l’Europe et la transparence seront les trois priorités du Parti socialiste en 2016. Son président, Christian Levrat, l’a annoncé mercredi à l’occasion du traditionnel apéritif des Rois organisé depuis plusieurs années par le parti. Il en a profité pour signaler qu’il ne se retirait pas de la présidence. «J’ai encore bien assez de plaisir et de travail», justifie-t-il.

Le PS consacrera l’une de ses assemblées statutaires aux relations avec l’Union européenne. «Il faut aller au-delà de la mise en œuvre de l’initiative populaire sur l’immigration. Les organisations économiques se satisferaient d’une solution permettant de régler ce problème. Mais nous voulons aussi parler des questions institutionnelles, de l’initiative populaire Rasa qui veut supprimer l’article constitutionnel sur l’immigration, d’un projet d’accord-cadre, de l’ancrage de la voie bilatérale dans la Constitution. Plutôt que répéter l’objectif de l’adhésion, nous voulons des décisions concrètes», annonce-t-il.

Comme l’adhésion en 1992

Il fait référence au vote de 1992 sur l’Espace économique européen. «Cet accord entraînait une telle perte de souveraineté qu’il avait fallu définir un objectif, qui était alors celui de l’adhésion. Vu d’aujourd’hui, c’était peut-être une erreur stratégique, mais il fallait quelque chose», rappelle-t-il.

Il poursuit: «Nous sommes dans une situation similaire. La mise en œuvre de l’article sur l’immigration passera vraisemblablement par une clause de sauvegarde unilatérale qui risque de geler notre politique européenne pendant des années. Il faut élargir la discussion, donner une certaine élasticité à nos relations avec l’UE et définir quel objectif nous voulons viser.»

Ce débat tiendra compte de ce qui se passera au sein de l’UE ces prochains mois, notamment la décision que prendra la Grande-Bretagne ainsi que l’éventuelle création d’une UE à deux vitesses, c’est-à-dire un noyau dur de pays leaders et une zone périphérique réunissant les autres. «La Suisse devra se positionner par rapport à cette zone périphérique», suggère-t-il. Le PS, qui peine à se débarrasser de son image de parti adhésionniste, en parlera ce printemps.

Initiative sur la transparence

Christian Levrat s’inquiète également des prochaines décisions de politique financière. Le programme d’économies présenté par le Conseil fédéral, qui prévoit de réduire les dépenses d’un milliard de francs par an par rapport au plan financier, met trop l’accent sur les relations avec l’étranger, la recherche, la formation et les assurances sociales alors qu’il épargne l’armée et l’agriculture. En parallèle, les caisses publiques encaisseront moins de recettes dans le cadre de la réforme de l’imposition des entreprises, contre laquelle le PS annonce d’ores et déjà le lancement d’un référendum.

Le PS annonce le lancement d’une initiative populaire sur la transparence du financement des partis et des campagnes politiques. «Nous sommes en train de constituer une large alliance avec des représentants des autres partis», insiste le chef du groupe parlementaire, Roger Nordmann. En parallèle, le PS cherchera le moyen de réduire l’influence des caisses maladie sur le parlement, en particulier sur les commissions de sécurité sociale et de santé publique. «Il faut un arbitrage ou en tout cas garder une certaine mesure», plaide Christian Levrat.

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