Qui a perdu, Michel Thentz ou le Parti socialiste?

Les deux, forcément. Le ministre Michel Thentz a été la cible de nombreuses critiques, dans des dossiers complexes comme ceux des hôpitaux, des communes ou des gens du voyage. Il en paie le prix fort. Le PS et la gauche avaient déjà subi un revers le 18 octobre, en perdant trois sièges au parlement, même si le recul du PS est faible, en pourcentage (-1,1%). Nous n’avons pas réussi à faire passer nos messages, malgré une forte mobilisation de nos troupes.

Est-il définitivement impossible, pour le PS jurassien, de faire élire deux ministres lors de deux élections consécutives?

C’est en tout cas une constante. Il est difficile d’assumer le bilan d’un gouvernement où nous avons deux sièges sur cinq, mais où nous n’avons pas la majorité. Par ailleurs, plusieurs partis, dans le Jura, peuvent revendiquer une place au gouvernement, ce qui contrevient aux intentions socialistes d’en avoir deux, avec à peine plus de 20% de l’électorat. Dans cinq ans, nous n’aurons eu que 20% de la responsabilité gouvernementale, ce qui changera la donne.

Le PS n’aurait-il pas dû faire davantage équipe avec le PDC, qui compte lui aussi deux élus à l’exécutif?

Des valeurs nous séparent. Mais nous avons fait un grand pas pour montrer notre responsabilité gouvernementale en soutenant le programme d’économies Optima. Cela nous a coûté des voix à gauche et nous n’avons obtenu aucun retour d’ascenseur du centre-droit avec lequel nous avions travaillé au consensus.

Une seule ministre socialiste face à quatre élus du centre-droit, qu’en ferez-vous?

Notre présence au gouvernement est indispensable, elle n’a d’ailleurs pas été remise en question. Comme chef d’un département, un ministre socialiste peut donner des impulsions et peser dans les débats gouvernementaux. Il est donc indispensable que nous restions au Conseil d’État. Nous pourrons avoir une attitude moins consensuelle au parlement et davantage défendre nos convictions profondes. Je crains que la dispersion politique du gouvernement débouche sur de délicates majorités à géométrie variable, avec des risques élevés d’instabilité, ce d’autant que les années à venir seront financièrement compliquées.