Particules fines, fléau de la vallée de l’Arve

Haute-Savoie Le dispositif d’alerte à la pollution de l’air est activé depuis six jours

Les défenseurs de l’environnement mettent en cause le trafic routier

Alerte à la pollution dans la vallée de l’Arve (Haute-Savoie), l’un des accès français à Genève. Le dispositif d’alerte est activé depuis six jours, les particules dépassant le seuil légal des 50 microgrammes par m3. Mardi, 103 microgrammes ont été enregistrés à Passy, près de Saint-Gervais-les-Bains, avant de retomber à 88 jeudi. La Préfecture recommande aux populations les plus fragiles d’éviter les activités physiques. Le Plan de protection de l’atmosphère (PPA) a été mis en application avec notamment une limitation de vitesse à 110 km/h sur autoroute.

La situation encaissée ainsi que la densité de l’activité humaine dans cette région industrielle sont à l’origine de ces pics de pollution, selon les services de la Préfecture. La moitié des émissions de particules fines provient du chauffage domestique, à 87% au bois. Pour inciter les habitants à moderniser leurs moyens de chauffage, l’Etat propose une aide forfaitaire de 1000 euros à chaque particulier pour que les foyers soient équipés d’un appareil moderne aux normes écologiques actuelles. «Nous saluons ce dispositif incitatif mais il ne sera réellement efficace qu’en étant accompagné de mesures fortes concernant le trafic routier», avance la Chamoniarde Anne Lassman-Trappier de l’association Environn’MontBlanc. Pour beaucoup d’habitants, le PPA est trop tourné sur les seules émissions dues au chauffage au détriment des transports et de l’industrie locale. «Dans notre contexte économique difficile et la crise du décolletage dans la vallée de l’Arve, il est tabou de demander à l’industrie de faire des efforts, mais il demeure légitime de réclamer moins de voitures sur nos routes», justifie la porte-parole.

En début d’année, après trois semaines de forte pollution, 84 médecins du département ont écrit à François Hollande afin que le PPA intègre davantage les nuisances liées au trafic routier. Ils ont relevé que, selon l’Agence régionale de santé, 40 décès par an pour 100 000 habitants seraient liés à la pollution de l’air dans la vallée de l’Arve. Environn’MontBlanc et l’Association d’usagers du rail Dauphiné Savoie Léman (ARDSL) viennent de lancer une campagne «Inspire» pour une meilleure qualité de l’air. Une pétition, qui a déjà récolté 1000 signatures, demande davantage de trains en Haute-Savoie. Claude Brasier, président de l’ARDSL, explique: «Le train ne capte que 1 à 3% des déplacements en Haute-Savoie parce qu’il n’est pas attractif. Le département possède pourtant 235 km de voies ferrées électrifiées.»

Claude Brasier cite en exemple le canton suisse du Jura qui a capté 23% des déplacements en mettant un train toutes les demi-heures. «En Haute-Savoie, les deux principales lignes du département n’ont pas de train entre 10h30 et 14h30 ou entre 16h30 et 20h30», regrette-t-il.

A Genève, les quatre stations de surveillance de la qualité de l’air n’ont pas enregistré de dépassement du seuil identique des 50 microgrammes par m3 pour les particules fines. «Il y a cependant une légère montée due au couvercle posé en ce moment sur la région, un peu de pluie pourrait nous ramener vers la normale», précise Philippe Royer, le directeur du Service de l’air, du bruit et des rayonnements non ionisants.

La moitié des émissions provient du chauffage domestique, à 87% au bois