Bilatérales

Les partis bourgeois veulent l’arrêt des négociations avec l’UE

Quatre jours avant la rencontre entre Doris Leuthard, présidente de la Confédération, et Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, les présidents du PDC, du PLR et de l’UDC exigent l’interruption de négociations sur un accord-cadre, selon la NZZ am Sonntag

Doris Leuthard, présidente de la Confédération, s’envole à Bruxelles jeudi pour rencontrer Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne. Les attentes n’ont cessé d’augmenter avant ce rendez-vous, selon la NZZ am Sonntag, et probablement un peu trop. Après des années de blocage à la suite de l’initiative sur l’immigration de masse, une détente serait devenue possible sur le dossier de l’accord-cadre entre la Suisse et l’UE. Même si tel était le cas, la majorité bourgeoise n’y est aucunement intéressée, selon le journal de la Falkenstrasse. La reprise automatique du droit européen et la subordination à la Cour européenne de justice constitueraient «une soumission à l’UE», selon Albert Rösti, président de l’UDC.

A lire aussi: Soixante ans d'Union européenne et nous et nous et nous...

Il n’en demeure pas moins qu’une bonne douzaine de dossiers sont bloqués dont le développement serait dans l’intérêt de la Suisse, selon la NZZ am Sonntag. L’UE fait toutefois dépendre les éventuels nouveaux accords d’un contrat-cadre.

«Entre l’arrêt et l’abandon», pour Gerhard Pfister

«Il n’y a aucune raison pour faire avancer un accord institutionnel avec l’UE», déclare Petra Gössi, présidente du PLR. La NZZ am Sonntag indique que le ton est identique au sein de l’UDC et du PDC. Président de ce dernier, Gerhard Pfister explique que sur cette question il hésite «entre l’interruption et l’abandon de l’exercice». Non seulement il n’y a pas de majorité populaire sur le sujet, mais un accord institutionnel n’est nullement nécessaire. «Un accord-cadre aujourd’hui, sans savoir à quoi ressemblera l’UE dans deux ans, je considère l’exercice comme prématuré», déclare-t-elle au journal dominical zurichois.

A lire aussi: Le spectre des juges étrangers pèse sur le débat en Suisse

Albert Rösti, président de l’UDC, va encore plus loin. Le parlementaire bourgeois demande à Doris Leuthard de signifier à Jean-Claude Juncker qu’«un tel accord n’entre en ligne de compte ni aujourd’hui ni plus tard».

Un avis inverse au PS

La NZZ am Sonntag indique que si la presse a récemment écrit que l’UE avait cédé sur certains points, sur le dossier des «juges étrangers», comme l’aurait signalé la dernière visite du Secrétaire d’État sortant, Jacques de Watteville. Or la rencontre était «informelle» selon le journal alémanique, et «aucun des compromis possibles n’a été accepté». Dans son rapport «confidentiel», Jacques de Watteville noterait, selon la NZZ am Sonntag, que «le chemin est encore long».

A lire aussi: La droite nationaliste va-t-elle triompher en Suisse aussi?

Au sein du parti socialiste, le ton est totalement différent. Pour Christian Levrat, «le parti social veut un accord institutionnel afin de pouvoir poursuivre sur la voie bilatérale».

Publicité