L’UDC a galvaudé ses chances. C’est le commentaire de beaucoup de partis qui jugent durement la stratégie des démocrates du centre pour l’élection du Conseil fédéral. Un éventuel passage de l’UDC dans l’opposition sera discuté le 28 janvier.

Le PLR n’a pas apprécié l’attaque de l’UDC contre le siège libéral-radical de Johann Schneider-Ammann. «Il est préoccupant que l’UDC en appelle à la concordance et une minute plus tard retourne sa veste», indique le conseiller aux Etats Felix Gutzwiller (PLR/ZH).

«L’UDC s’est sabotée elle-même»

Selon le président du PS Christian Levrat, le parti conservateur doit désormais revoir sa stratégie et former des personnes adéquates pour les prochaines élections: «Elle s’est sabotée elle-même avec sa stratégie kamikaze.»

Le président des Verts, Ueli Leuenberger, se dit convaincu que l’UDC ne voulait pas d’un deuxième ministre. Le parti de Christoph Blocher s’est comporté de manière brouillonne, a lancé ses candidats trop tard dans la course et a montré qu’il n’était pas mûr pour un deuxième siège, a lancé le Vert genevois la radio alémanique DRS.

Pour le président du PBD Hans Grunder, le groupe parlementaire UDC se trouve devant l’épreuve de vérité. «Dans les prochaines années, plusieurs personnes vont devoir s’en aller», a-t-il indiqué à la radio alémanique DRS, faisant allusion aux élus peu enclins à collaborer. D’ici 2015, le parti de Christoph Blocher a maintenant le temps de «faire ses devoirs».

Le président du PDC Christophe Darbellay regrette le rôle endossé par le candidat au Conseil fédéral Hansjörg Walter: «Après son élection brillante comme président du Conseil national, il s’est laissé entraîner dans une tragédie.»

Toni Brunner voit «un gouvernement de coalition»

«L’UDC voulait rétablir la concordance. Nous ne pouvions pas faire plus que de présenter nos deux candidats», réagit le président de l’UDC, Toni Brunner.

Il déplore que le plus grand parti du pays ne dispose que d’un siège au gouvernement: «C’est maintenant un gouvernement de coalition.»

Le conseiller national estime que son parti est maintenant libre d’entrer ou non dans l’opposition. «Nous analyserons la situation le 28 janvier lors d’une assemblée des délégués».

La question divise à l’interne: Jean-François Rime (PDC/FR), candidat malheureux au Conseil fédéral, estime qu’il n’en est pas question, alors que Christoph Mörgeli (UDC/ZH) s’estime déjà à moitié dans l’opposition.