Fiscalité

Les partis saluent la méthode Fontanet

Dans une interview au «Temps», la ministre des Finances genevoise a marqué un changement stratégique. Le taux d’imposition des entreprises est au cœur de négociations cruciales pour le canton

Les négociations sur la réforme de l’imposition des entreprises peuvent avancer à Genève. Dans une interview accordée au Temps, la ministre PLR des Finances, Nathalie Fontanet, a rouvert le jeu en indiquant que le taux prévu, 13,49%, est bien négociable, contrairement à la stratégie du Conseil d’Etat jusqu’alors. Ses déclarations ont été bien accueillies par les partis.

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«Je salue ce changement de méthode, dit la présidente du Parti socialiste, Carole-Anne Kast. Il est bon que ce taux ne soit pas un tabou. Sa fixation doit être la résultante d’un équilibre à trouver.» Sa recherche doit inclure par exemple la revalorisation des biens immobiliers, autre ouverture de la ministre saluée par la socialiste. Cette mesure pourrait rapporter 250 millions. Si, en plus, la rétrocession de l’impôt fédéral direct par Berne est plus généreuse avec les cantons, «cela influencera notre position sur le taux final», conclut la présidente du PS.

2% au-dessus de Vaud

Les Verts sont plus directs. Fixer l’impôt «autour des 15% serait un bon compromis même si, idéalement, on viserait les 16%, neutre fiscalement», dit son président, Nicolas Walder. Vaud sera à 13,79% dès 2019. Rester environ 2% au-dessus, comme aujourd’hui, semble raisonnable pour lui. «Les Verts, continue-t-il, sont d’accord d’accuser un léger déficit en fin de réforme, mais il est exclu de le faire peser sur les prestations. Il faut donc trouver une solution, y compris une éventuelle hausse d’impôts. Le gouvernement doit prendre ce risque.»

Bertrand Buchs, président du PDC, parle d’une «prise de position intelligente». Pour lui, il ne faut pas s’éloigner de Vaud. Il vise «autour de 14%». Un niveau qui inclurait la suppression de la taxe professionnelle.

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«Les propositions de Nathalie Fontanet vont dans le sens de l’initiative que nous avons déposée, dit Pablo Cruchon, député Ensemble à gauche (Eàg). Il faudra néanmoins qu’elle nous explique comment elle compte maintenir les prestations sans maintenir les revenus. La ministre mène un test pour faire réagir les Verts et les socialistes, dont elle aura besoin pour l’accord final.» Pour EàG, le seul taux acceptable est 16%.

Les efforts des multinationales

S’il salue la volonté de la ministre «d’obtenir un large consensus», le Groupement des entreprises multinationales «s’engage à participer activement à la recherche d’un compromis» et souligne qu’il «a déjà accepté une hausse très significative du taux d’imposition des sociétés multinationales bénéficiant d’un statut afin d’obtenir un taux unique applicable à tous de l’ordre de 13,49%».

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