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© PETER SCHNEIDER/Keystone

argent

Les partisans de l'initiative «Monnaie pleine» lancent la campagne

Le texte qui propose d’appliquer à la création d’argent électronique les mêmes limites que la monnaie réelle passe en votation le 10 juin. Les initiants ouvrent les débats sur ce sujet plutôt complexe

L'argent électronique devrait être aussi sûr que les espèces dans un coffre. Les partisans de l'initiative dite «Monnaie pleine» affirment pouvoir lutter efficacement contre les bulles financières et les faillites bancaires. Ils ont lancé jeudi leur campagne.

Les initiants ont jusqu'au 10 juin pour convaincre une majorité de la population de l'efficacité de leurs recettes. Au parlement, il ne s'est trouvé qu'une dizaine de conseillers nationaux essentiellement de gauche pour soutenir l'initiative populaire «Pour une monnaie à l'abri des crises: émission monétaire uniquement par la Banque nationale!», lancée par l'association Modernisation Monétaire (MoMo).

Une opinion: L’initiative «Monnaie Pleine» n’a pas peur d’un vrai débat

Le cas délicat de la monnaie scripturale

Actuellement, la création d'argent repose sur l'émission de pièces et de billets par la Banque nationale suisse (BNS), l'achat de devises ou de papiers valeurs par cette dernière ainsi que l'octroi par la BNS de crédits aux établissements bancaires et les prêts de ces derniers.

Les banques commerciales peuvent quant à elles créer de la monnaie scripturale. Cet argent comptable ne représente pas un moyen de paiement légal. Un compte bancaire constitue une créance des clients, soit la promesse des établissements de leur payer le solde en billets et pièces.

Changer la donne

Les initiants critiquent ce système qui s'accompagne de formation de dettes. Les banques créent plus d'argent que nécessaire. Avec l'initiative, la BNS produirait l'ensemble de la masse monétaire, sans dette. La banque centrale devrait donc transférer cet argent directement à la Confédération, aux cantons ou aux citoyens.

«Les recettes de la création monétaire reviennent ainsi à la collectivité au lieu d'aller financer les bulles spéculatives», plaident les initiants. L'approvisionnement en crédit de l'économie et des ménages serait assuré par des prêts de la BNS aux banques.

La politique monétaire ne serait plus mise en œuvre par le biais de taux d'intérêt, mais par la gestion de la masse monétaire. Selon les initiants, l'argent de tous les comptes courants serait entièrement sécurisé. L'Etat n'aurait plus à sauver des banques à coups de milliards versés par les contribuables pour assurer le service des paiements.

Une autre opinion: Initiative «Monnaie pleine»: ne jouons pas aux apprentis sorciers

Système plus sûr

«Notre argent bien mérité» ne doit pas disparaître alors que la prochaine crise financière approche déjà, font valoir les initiants. Rien ne promet que les banques pourront encore payer les avoirs de leurs clients. D'autant plus que la monnaie en circulation est constituée à 90% d'argent scriptural virtuel.

Comme en 1891, lorsque la BNS a reçu le monopole de l'émission des billets de banque, il faut désormais lui confier cette fonction pour la monnaie scripturale. La Suisse pourra ainsi entrer en toute sécurité dans l'ère à venir des cryptomonnaies.

Dossier
«Monnaie pleine», un débat singulier

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