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Supporters of French independent centrist presidential candidate, Emmanuel Macron kiss as they celebrate outside the Louvre museum in Paris, France, Sunday, May 7, 2017. Polling agencies have projected that centrist Emmanuel Macron will be France's…

France

Pascal Broulis: «Emmanuel Macron doit proposer une vision pour la France»

Pascal Broulis, Carlo Sommaruga et Yves Nidegger réagissent à l'élection du nouveau président Emmanuel Macron


Pascal Broulis, conseiller d’Etat vaudois (PLR)

«Emmanuel Macron doit proposer une vision pour la France»

Disons que c’est une bonne nouvelle par défaut, et programmée. Il fallait contrer Marine Le Pen; mais maintenant, tout reste à faire, car on a encore mesuré ces jours à quel point le débat de mercredi nous a laissés sur notre faim. Emmanuel Macron va diriger une France dont la dette atteint 2400 milliards d’euros. Il aura besoin de ses compétences, notamment bancaires, pour empoigner ce problème. Il n’a pas de parti: ce ne sont pas quelques ralliements individuels, motivés par des frustrations, qui lui assurent une assise. Je relève qu’Emmanuel Macron est apprécié à Bruxelles et Berlin. C’est important. La France doit rester un des grands pays qui garantissent la solidité de l’UE.

Vu du canton de Vaud, nous avons besoin d’une France forte, pensez à l’Arc jurassien et la Franche-Comté au nord, la Haute-Savoie et l’Ain au sud. Je discutais encore mercredi dernier avec le nouveau préfet de Haute-Savoie, qui est important pour nous car il représente l’État, et nous voyons que nous pourrons travailler ensemble. La France est notre grande voisine, elle achète nos produits, nous avons intérêt à ce qu’elle marche bien.

Mon inquiétude porte sur ce qui va suivre. Emmanuel Macron n’a pas de parti, et j’espère que son mouvement ne sera pas du genre de ceux des altermondialistes, qui ne concrétisent rien. Emmanuel Macron doit avoir une position, et pour cela, il doit proposer un vrai programme, une vision pour la France.


Carlo Sommaruga, conseiller national (PS/GE), membre de la commission de politique extérieure

«L’élu d’un front du refus, pas d’un projet»

Cette élection constitue une satisfaction, mais dans les faits, on constate une progression importante des forces nationalistes depuis la présidentielle du père Le Pen en 2002… Arriver à convaincre un tiers des électeurs après une prestation aussi catastrophique que celle du débat de mercredi soir, qui a montré, de Marine Le Pen, tant de lacunes dans la connaissances des dossiers, et une totale incapacité à assumer la fonction présidentielle, est quand même inquiétant. Il y a, en France, un mécontentement social, même une colère, que Marine Le Pen a su exploiter. Dans le même temps, je constate qu’Emmanuel Macron est aussi élu par un front du refus – et non, contrairement à ce qu’il veut nous faire croire, par la conviction en un projet.

Toutefois, un point qui me réjouit dans son discours est la présence de l’Europe. Avec des gens comme lui, comme Angela Merkel ou Martin Schulz en Allemagne, et Matteo Renzi en Italie, on peut espérer une redynamisation du projet européen.

Ceci dit, il est clair que cette élection ouvre une période très dure pour Emmanuel Macron, en vue des législatives. La gauche vit une rupture idéologique entre une aile mondialiste, peut-être aussi affairiste, et les secteurs populaires. En ce sens, j’espère que la gauche combattive sortira forte des urnes en juin, pour donner un signal à Emmanuel Macron.


 Yves Nidegger, conseiller national (UDC/GE), membre de la commission de politique extérieure

«On assiste à une liquéfaction du paysage politique français»

Je suis frappé par la participation, pas aussi faible que prévu. Pour une élection si démobilisatrice, c’est finalement élevé. Le résultat a correspondu à ce que les sondages annonçaient. On note que le Front national est loin d’avoir la force de s’imposer au niveau national.

L’offre politique française a longtemps été structurée par la droite et la gauche. Cette fois, droite et gauche ont disparu au profit d’un leader commun, plutôt de gauche, qui s’impose face à des camps affaiblis. Les candidats de la droite comme de la gauche ont été désignés au terme de primaires qui n’ont pas conduit à la désignation des personnes que voulaient les états-majors des partis. Cela a contribué à l’affaissement de ces partis – et dans l’ensemble, on observe cette liquéfaction du paysage politique français.

L’arrivée de Macron ne constitue en rien un espoir. Il sera un leader de la France par défaut, et Marine Le Pen deviendra leader de l’opposition par défaut. Emmanuel Macron sera le premier ministre d’un parti qui n’existe pas, il devra trouver une majorité encore inexistante.

Je ne vois pas trop ce que Macron apporte. Il crie «l’Europe ! L’Europe !», mais je ne vois pas ce qu’il propose pour sortir l’Europe de la crise. La France va reste politiquement très incertaine, et incapable de se réformer.  

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