Un frémissement, pas encore une déferlante. Mais un mouvement se dessine dans le canton de Vaud pour pousser Pascal Broulis comme candidat au Conseil fédéral. Alors qu’il n’y est plus représenté depuis 1998, le plus grand canton romand se prend à rêver au grand retour.

«Un «pourquoi pas à la vaudoise, de plus en plus sonore», constate Olivier Meuwly, l’historien du radicalisme vaudois. On peut y voir le signe de la confiance en soi retrouvée du canton de Vaud, après les années de crise. On le perçoit en tout cas chez les élites économiques, notent les observateurs.

Jean-Pascal Delamuraz a été le dernier conseiller fédéral vaudois (1984-1998). Son départ a marqué la fin d’une époque, celle où Vaud disposait d’un siège quasi assuré au gouvernement suisse. Depuis 1848, il n’y avait eu que 18 ans de vacance. Dans la période récente, trois syndics de Lausanne s’étaient succédé dans la place, ce qui renforçait encore le sentiment d’automaticité.

La présence de Jean-Pascal Delamuraz à Berne n’avait pourtant pas empêché les radicaux vaudois de traverser une profonde crise, qui devait s’assimiler à celle du canton. La candidature de Christiane Langenberger contre Pascal Couchepin, en 1998, fut un baroud d’honneur. Et depuis, plus rien.

Les prétentions vaudoises peuvent se fonder sur des finances assainies – sous le mandat de Pascal Broulis. Le profil bas du canton et sa perte de crédit sur la scène fédérale ont été étroitement associés à son incapacité de sortir d’une interminable décennie de chiffres rouges.

La socialiste Géraldine Savary proclame de manière remarquée son admiration pour Pascal Broulis. Ce qui démontre, sinon un vrai mouvement de fond, que le radical vaudois serait du moins le candidat favori de la gauche. «S’il est désigné, nous sommes prêts à le soutenir», note Cesla Amarelle, la présidente du PSV, se disant convaincue qu’une élection de Pascal Broulis ne compromettrait pas les chances de Pierre-Yves Maillard le jour venu..

Les Verts vaudois sont plus réticents envers le grand argentier. L’UDC s’adaptera à la stratégie nationale du parti, mais n’y voit pas d’obstacle majeur.

Plus largement, le Vaudois peut représenter dans l’offre radicale-libérale à venir le candidat du juste milieu entre le libéralisme et l’Etat. Dans la tradition d’un radicalisme romand personnifié par Jean-Pascal Delamuraz et Pascal Couchepin.

Pour l’heure, c’est «En attendant Pelli». Comme à Neuchâtel ou à Genève, les officines du radicalisme vaudois attendent de savoir ce que fera celui qui est considéré comme le papable le plus dangereux. Quand sortir du bois?, c’est l’objet de toutes les discussions.

Eveline Widmer-Schlumpf vole au secours de la «romandicité» d’Urs Schwaller: contrairement à son collègue Pascal Couchepin, la conseillère fédérale est d’avis que le conseiller aux Etats est un francophone, a-t-elle indiqué à la RSR. (ATS)