crise des migrants

Pascal Couchepin: «Les Suisses partagent les mêmes valeurs humanistes»

«Quand je vois ces photos épouvantables de foules massées le long des barbelés ou tentant de passer sous les barrières, cela m’arrache le cœur», commente l’ancien conseiller fédéral

«Les Suisses partagent les mêmes valeurs humanistes»

«Nous vivons à l’échelle mondiale un phénomène migratoire comme l’histoire en a peu connu. Mis à part peut-être les transferts de population entre Pakistan et Inde au moment de l’indépendance, voire en Allemagne après la guerre.

Mais quand je lis ou entends les commentaires en Suisse sur l’asile, je ne peux m’empêcher de me rappeler les manifestations chaleureuses d’accueil des Suisses envers les Hongrois en 1956. Ceux-là fuyaient le régime communiste. Ceux qui veulent échapper aux horreurs de la guerre ne méritent-ils pas la même compassion?

Quand je vois ces photos épouvantables de foules massées le long des barbelés ou tentant de passer sous les barrières, cela m’arrache le cœur. Et en même temps je me dis que le discours de ceux qui veulent barricader la Suisse est bien dérisoire. Rien ne peut arrêter des gens qui n’ont plus qu’un seul espoir, trouver un refuge. Nous manquons de chiffres précis sur les demandes acceptées, nous ne savons toujours rien du sort des 3000 Syriens que nous devrions accueillir. Et quand un conseiller d’Etat dit que l’on a arrêté 400 clandestins au Simplon, c’est faux. Mais nous voyons bien que la situation en Suisse n’a rien à voir avec ce qui se passe en Grèce, en Serbie ou en Autriche. La Suisse est un pays riche, elle doit être capable d’accueillir bien davantage de personnes qui, comme victimes de conflits, correspondent aux critères de l’asile. Comme elle l’a fait pour la population du Kosovo.

Il n’y a pas de racisme profond en Suisse. A l’exception du noyau dur de l’UDC, nous partageons tous les mêmes valeurs humanistes. Et les Suisses sont fiers de ce qu’ils font pour les autres. L’UDC qui cherche à tirer profit du mouvement migratoire historique ne peut duper personne.

Dans dix ans, l’Europe, qui souffre d’un déficit démographique, sera heureuse d’avoir ouvert ses portes à des populations jeunes et bien formées. Au final, les pays qui auront conservé une capacité d’accueil seront gagnants. Et la Suisse a les moyens d’y parvenir.»

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