«Nous devons être plus présents aux Etats-Unis, surtout sur le plan économique. Nos contacts ont été timides ces dernières années, ils doivent s'intensifier.» Tel est le bilan général tiré par le conseiller fédéral Pascal Couchepin au terme de sa visite officielle de trois jours aux Etats-Unis. Une conviction qui se justifie par la défense d'intérêts communs sur les marchés mondiaux. La création d'une commission économique bilatérale devrait être le lieu idéal pour cultiver ces liens transatlantiques à un niveau institutionnel. Annoncée en janvier par le vice-président américain, Al Gore, et la présidente de la Confédération, Ruth Dreifuss, l'idée d'un tel forum fait son chemin. Son mandat et sa composition pourraient être définis fin septembre et elle devrait voir le jour à la fin de l'année.

Le secteur privé sera associé à cette entreprise, même si Pascal Couchepin ne souhaite pas que ses représentants y siègent de manière permanente. Les compétences de cette commission restent à définir, mais la Suisse est favorable à une limitation de son cahier des charges au secteur économique, même si l'idée d'élargir les contacts aux affaires politiques et culturelles n'est pas écartée.

Le principal partenaire extra-européen de la Suisse

De ses entretiens avec Stuart Eizenstat, sous-secrétaire d'Etat au Commerce, Richard Fisher, chef adjoint aux Relations commerciales, et William Daley, secrétaire au Commerce, Pascal Couchepin dresse un tableau plutôt positif des relations économiques entre les deux pays. Une rencontre avec des entrepreneurs suisses aux Etats-Unis montre qu'il est dans l'intérêt de la Suisse de renforcer ses «ambitions transatlantiques». «Les Etats-Unis sont le marché le plus compétitif du globe et il est bon que les entreprises suisses y soient actives», a fait remarquer Pascal Couchepin. Les Etats-Unis sont le principal partenaire extra-européen de la Suisse, absorbant plus de 11% de ses exportations.

Convergence de vues aussi pour la réunion ministérielle de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) à Seatle fin novembre, même si la Suisse souhaite un agenda large, permettant des concessions croisées, alors que la préférence des Américains va à une approche sectorielle. Pascal Couchepin craint cependant que les différends actuels entre Bruxelles et Washington sur le bœuf aux hormones, la banane et les organismes génétiquement modifiés créent un climat peu idéal pour un nouveau round de négociations internationales.

Seule déception de ce voyage, le retard rencontré dans la mise au point d'un accord de reconnaissance mutuelle des produits industriels. La puissante FDA (Food and Drug Administration), association régulant la mise sur le marché des denrées alimentaires et des médicaments, jalouse de ses prérogatives, empêche pour l'instant l'avancement du projet. La Suisse a fait savoir que, sans un tel accord d'ici à la fin de l'année, les médicaments américains importés en Suisse seront soumis à une réanalyse. Une menace peu goûtée par l'industrie pharmaceutique américaine qui pourrait jouer de son influence pour faire avancer le dossier.