Pascal Schumacher, condamné mardi à 6 ans de réclusion pour sa participation au rapt de Stéphane Lagonico et arrêté à l'issue du procès, a recouru contre ce jugement et retrouvé sa liberté provisoire 48 heures plus tard. Le président de la Cour de cassation pénale vaudoise a accédé à la requête de la défense en relevant notamment que la situation de l'intéressé rend un risque de fuite improbable.

«Une décision juste et courageuse», relèvent Mes Dominique Warluzel et Catherine Chirazi. Du côté du Ministère public, la nouvelle a été reçue avec une certaine amertume. En l'absence du procureur général Jean-Marc Schwenter, le substitut Antoine Landry précise que le Parquet n'a pas été requis pour d'éventuelles observations. Son préavis aurait sans nul doute été négatif.

Pascal Schumacher comparaissait libre à l'audience après avoir subi 17 mois de détention préventive. En requérant une peine de 10 ans contre l'accusé, le procureur général avait sollicité en vain son arrestation avant même le prononcé du jugement. En prévision du destin qui attendait le jeune homme, ses avocats ont immédiatement saisi les instances supérieures. Le recours contre le jugement ayant entraîné un effet suspensif, Pascal Schumacher se retrouvait donc dans un régime de détention préventive lui permettant de solliciter sa liberté provisoire.

En substance, le président de la Cour de cassation estime que Pascal Schumacher a déjà fait la démonstration qu'il n'entendait pas se soustraire à la justice en se présentant à l'audience malgré l'ampleur de la peine requise. Sa précédente fuite au Brésil doit être remise dans son contexte et il n'existe chez lui aucun indice concret de cette impulsivité particulière invoquée à l'appui de l'arrestation.

Quant au trouble à l'ordre public, cette circonstance a déjà été écartée lors de sa première mise en liberté provisoire. Dans cette même affaire mais pour un autre accusé, le Tribunal fédéral a déjà eu l'occasion de souligner que seules des circonstances tout à fait exceptionnelles peuvent justifier un maintien en détention à l'unique fin d'éviter un scandale dans l'opinion.