Les passages pour piétons sont trop nombreux en Suisse. La formule sort de la bouche du directeur de l’Office fédéral des routes, l’Ofrou, Rudolf Dieterle. Il se dit frappé par le nombre important de passages pour piétons présentant des déficits.

«Les passages qui ne sont pas équipés de façon sûre doivent être réaménagés, les autres mériteraient d’être supprimés», affirme Rudolf Dieterle dans une interview parue dimanche dans «Le Matin» et le journal dominical alémanique «Sonntag».

«La Confédération n’a aucune compétence dans ce domaine, souligne- t-il, mais elle souhaite aider les cantons et les communes à mettre en place un examen des risques.»

Le directeur de l’Ofrou reconnaît que dans certains cas, «les automobilistes n’accordent pas la priorité aux piétons. Dans d’autres, les piétons traversent la chaussée tête baissée et sans préavis».

Pour lui, le plus important est que les automobilistes puissent repérer assez tôt les passages piétons: ceux-ci ne doivent pas se situer dans un virage ou en sortie de virage. L’éclairage doit rendre les piétons bien visibles. A l’instar de ce qui se fait en Allemagne, des signalisations au-dessus des passages piétons seraient possibles en Suisse.

Le débat sur la sécurité des passages piétons s’est animé après une série d’accidents qui ont coûté la vie à plusieurs personnes en Suisse: selon un décompte de l’ATS, depuis le mois de novembre, sept personnes ont été fauchées mortellement alors qu’elles traversaient la route sur un passage clouté. En 2010, vingt personnes avaient trouvé la mort de cette manière, selon les chiffres de l’Association Transport et Environnement.

Face à cette récente recrudescence, plusieurs cantons ont annoncé des mesures. Le Conseil national, lui, ne pense pas que la sécurisation des passages dangereux doit être inscrite dans le programme Via sicura, qui vise à renforcer la sécurité routière. Lors de la session d’hiver, il a refusé une motion en ce sens.

Le TCS a publié, début décembre, une étude sur les passages piétons en Suisse. Sur 100 passages examinés dans 45 villes, seuls 45 ont été jugés «satisfaisants» du point de vue de la sécurité. Les 55 autres ont été classés «insuffisants», voire «très insuffisants».