Climat

La passe d’armes se poursuit entre financiers et manifestants

Une journée après l’acquittement de 12 activistes climatiques accusés d’avoir occupé une banque, le Ministère public fait appel et d’autres militants réitèrent l’exercice. Aucune sortie de crise n’est en vue

Ce lundi à Renens, 12 activistes climatiques étaient blanchis en appel par la justice pour avoir occupé une succursale de Credit Suisse en 2018. La nouvelle a fait le tour du monde, réjoui les sympathisants de la cause et enragé leurs adversaires. Au lendemain de cette décision historique, le conflit connaît un double rebondissement. D’une part, une nouvelle banque lausannoise a été occupée par des militants, UBS cette fois-ci. D’autre part, le procureur général du canton de Vaud, Eric Cottier, a annoncé que le Ministère public saisirait la Cour d’appel. La saga continue, sur fond de débat politique de plus en plus épineux.

Lire aussi: Credit Suisse répond aux critiques d'activistes climatiques

Aucun dénouement idéologique n’est en vue

Absent au procès, le Ministère public avait jusqu’ici suivi l’instruction de loin. Le «peu de gravité des faits» ne nécessitait pas sa présence, avait-il argumenté. La décision rendue ce lundi semble changer la donne. Dans un communiqué, l’institution indique que l’acquittement des militants au bénéfice d’un état de nécessité licite – article qui légitime la commission d’un acte illégal pour la sauvegarde d’un intérêt prépondérant – «paraît étendre le champ d’application de la disposition au-delà des limites fixées par la jurisprudence dans un contexte comportant des aspects politiques».

Lire également: Le procès des militants climatiques devient celui des banques

Ergo: l’autorité de poursuite pénale reprend le dossier et fait appel, décision saluée par une bonne partie de la droite politique. Cela ne pourrait être qu’une première étape, ajoute le procureur: «La probabilité est élevée que le dossier soit ensuite soumis au Tribunal fédéral.» S’il finit bien par parvenir à l’instance suprême, celle-ci aura fort à faire tant les deux camps paraissent inconciliables.

Le même jour en effet, enhardis par leur victoire judiciaire de la veille, des manifestants pour le climat ont paralysé les bureaux d’UBS. Déguisés en employés de banque, ils ont répandu du charbon dans le hall de l’établissement pour attirer l’attention sur ses investissements dans les énergies fossiles. Leur action a été revendiquée comme s’inscrivant dans le cadre de la campagne de Juliette Vernier, candidate tirée au sort pour l’élection complémentaire au Conseil d’Etat vaudois du 9 février prochain.

Lire encore: «Dans un procès climatique, on ne juge pas des actes, mais des mobiles»

Les activistes ont fini par quitter les lieux de leur propre chef après un dialogue avec des employés. Contactée par téléphone, UBS n’a pas souhaité s’exprimer sur un possible dépôt de plainte. Quelle que soit sa décision, aucune issue n’est en vue dans le conflit idéologique toujours plus frontal qui oppose les activistes environnementaux aux institutions financières.

Publicité