Le projet à 9,2 millions

Au centre d'«Identités mobiles», l'exploration «de nos nouveaux territoires et de nos nouvelles identités». Aux yeux de ses concepteurs, le thème est particulièrement important dans un pays où le lien au territoire a fabriqué l'identité nationale.

Le projet est réparti entre deux pavillons, l'un consacré aux territoires, l'autre aux identités. Sur les murs du premier, une juxtaposition de portraits photographiques crée un immense paysage. A l'autre bout de la visite, ce sont des paysages qui, assemblés, créent l'image d'un visage. Entre les deux constructions, le chemin de ronde des remparts de Morat.

Dans le pavillon des territoires, la première pièce est consacrée au passage de la stabilité à la mobilité. Par ses pas, le visiteur déclenche des séquences projetées sur des écrans qui forment le sol sur lequel il marche et dont l'assemblage constitue un spectacle en recomposition permanente. De là, il entre dans la salle des apparences. Des colonnes protègent des objets, contenus sonores ou visuels qui changent lorsque le visiteur veut les saisir. «Il s'agit de montrer que ce que l'on croit immuable est aussi le résultat de changements», explique Ola Söderström.

Le visiteur quitte alors le premier pavillon et emprunte le chemin de ronde, tourné vers la campagne qui embrasse Morat. Par chaque ouverture percée dans la muraille, des viseurs guident le regard vers des carrés blancs, repères placés dans le paysage alentour. Tandis que le visiteur observe, des sons sont diffusés dans son oreille: ces bruits correspondent parfois à ce qu'il voit, parfois pas, ce qui le désoriente.

Au bout de cette promenade longue de 250 mètres, il pénètre dans le deuxième pavillon, où l'attend le bar des identités. Sur la base de séquences vidéo d'une minute et demie tirées de la vie d'habitants ordinaires de la Suisse, il pourra, en chaussant des lunettes, emprunter l'identité d'autres personnes. «Si l'Expo insiste beaucoup sur l'interactivité, l'expérience quotidienne des gens y est beaucoup moins présente», remarque Ola Söderström. Dernier élément de l'exposition: le visiteur quitte «Identités mobiles» en empruntant un escalier sonore, dont chaque marche déclenche une séquence musicale.

La proposition à 1 million

Deux éléments constituent l'essence du propos d'«Identités mobiles»: la salle des apparences et les viseurs du chemin de ronde. Les concepteurs proposent donc de s'en tenir à ces deux éléments, en renonçant aux pavillons. Les colonnes de la salle des apparences formeraient alors un parcours entre le lac et le rempart où les viseurs garderaient leur place prévue.