Comment l'aventurier Mike Horn a-t-il fait pour résister au froid durant son périple de vingt-sept mois sur le cercle polaire? Souvenez-vous de la vague de froid millénale qui a touché l'Europe en 1956. Quelle influence les conditions météorologiques ont-elles sur l'inspiration des artistes? Autant d'invitations à s'interroger sur les phénomènes liés à la météo, autant de questions auxquelles se chargera de répondre, dès ce mois de décembre, la nouvelle revue Meteo Magazine, premier ouvrage du genre à tirage régulier en Suisse.

Le semestriel Meteo Magazine, dont le premier numéro vient de sortir de presse, a éclos dans les locaux sédunois de Météorisk, un bureau privé spécialisé dans la gestion des risques d'origine météorologique. Cette brochure de 64 pages papier glacé est née dans la tête du directeur de Météorisk, Robert Bolognesi. Docteur ès sciences, passionné par l'étude de la neige et auteur de plusieurs ouvrages, traitant des risques d'avalanches notamment, Robert Bolognesi fait reposer sa démarche entrepreneuriale sur la passion: «J'adore la météo. Or, aucun magazine entièrement consacré à la météorologie n'existait en Suisse, et à ma connaissance, pas même en Europe. Je trouvais cela dommage...»

Déjà 1000 abonnés

Ce dernier-né dans le paysage médiatique romand, qui sera diffusé à 5000 exemplaires - tout d'abord dans quelques kiosques et librairies en Valais, puis à plus large échelle en Suisse romande et en France voisine - poursuit un objectif essentiel: la vulgarisation des données météo théoriques à travers des rubriques à connotation scientifique, culturelle, sociale ou artistique. Question financement, les promoteurs de Meteo Magazine misent sur la rentabilité de l'opération sur un nombre minimum de 3000 abonnés - dont un millier est déjà acquis - pour couvrir les frais de production s'élevant à 50000 francs annuellement.

Robert Bolognesi commente: «Si nous y parvenons, c'est qu'il y a une demande. Sinon, c'est que le magazine ne mérite pas de survivre.» Le magazine, pourtant, a toutes les chances de rencontrer le succès car la météo est plus que jamais un thème d'intérêt général. François Benedetti en sait quelque chose. Le producteur du magazine radiophonique de la RSR «Atlas», qui a collaboré au premier numéro de Meteo Magazine, se souvient de s'être heurté au scepticisme de la direction de la radio lorsqu'il a, pour la première fois, évoqué l'idée d'un magazine consacré à la météorologie.

«Le public ne se satisfait pas de connaître l'évolution du temps. Aujourd'hui, il veut savoir pourquoi il fait beau ou mauvais, pourquoi en hiver les Lausannois sont sous le stratus alors que les Valaisans sont au soleil.»

Devant la direction de la RSR, les courbes d'audimat de l'émission, qui ont grimpé très nettement durant les trois premiers mois d'antenne déjà, donneront une certaine caution aux propos de François Benedetti.

Interrogé par Le Temps, Frédéric Glassey, directeur adjoint du centre de prévisions météorologiques Meteonews à Lausanne, prédit lui aussi un joli succès au nouveau magazine romand lancé hier. Selon le prévisionniste, Meteo Magazine répond à un engouement croissant du public pour la météorologie. Un attrait manifeste auquel il trouve deux explications: «Les questions de changement climatique qui sont dans l'air du temps interpellent les gens.

D'autre part, l'évolution de notre société vers une société de loisirs a fait de la météo un élément indissociable du quotidien.» L'exigence du public, du coup, va en s'accroissant. «Il y a dix ans, on nous demandait s'il allait faire beau en Valais le week-end. Aujourd'hui, on nous demande s'il va faire beau samedi entre 14h et 16h pour l'apéritif de mariage dans la pelouse», témoigne Frédéric Glassey, «Oui, les exigences vont crescendo.»

Le magazine fraîchement sorti de presse compte y répondre. Il servira également de vitrine aux scientifiques, cantonnés jusque-là aux revues spécialisées. Et en Valais, le Département de l'éducation a apporté son soutien à l'opération en favorisant la diffusion de Meteo Magazine auprès des enseignants.

«Ce bulletin offre des sujets passionnants pour les étudiants. Il peut devenir un précieux support d'enseignement par le biais de notre Haute Ecole pédagogique par exemple», s'enthousiasmait hier le conseiller d'Etat Claude Roch.

http://www.meteo-magazine.com