Carnet noir

Le pasteur zurichois Ernst Sieber est mort à l’âge de 91 ans

Considéré comme l’abbé Pierre de la Suisse alémanique, le pasteur a consacré sa vie aux déshérités, aux toxicomanes et aux marginaux, notamment aux sans-abri

Le célèbre pasteur zurichois Ernst Sieber est décédé paisiblement samedi à l’âge de 91 ans, ont annoncé dimanche à l’ATS sa famille et sa fondation. Le pasteur a consacré sa vie aux déshérités, aux toxicomanes et aux marginaux, notamment aux sans-abri.

Ernst Sieber, peu connu en Suisse romande, est un peu l’abbé Pierre de la Suisse alémanique. En plus de son engagement auprès des marginaux et des défavorisés, il s’est aussi lancé dans la politique. Elu sur une liste des évangéliques, il a siégé au Conseil national de 1991 à 1994. L’année passée, il a reçu un Prix Courage Lifetime Award, qui a été remis pour la première fois. Il était doté de 10 000 francs.

«Le pasteur Sieber et ses œuvres sociales nous sont si familiers que l’on en est venu à considérer ses actions comme allant de soi. Mais sans le pasteur Sieber et son engagement, ces soutiens importants pour les personnes en marge de la société n’existeraient pas», avait alors souligné Andres Büchi, rédacteur en chef du magazine Beobachter, qui décerne les Prix Courage.

Un rêve concrétisé avec «Brothuuse»

Lors du rigoureux hiver 1963, Ernst Sieber transforme un conteneur en abri pour sans-logis. Dans les années 80, il acquiert une dimension nationale en dénonçant la misère de la scène des toxicomanes du Platzspitz de Zurich.

Il a créé des communautés thérapeutiques, des foyers pour sans-logis et des centres de rencontre dans quatre cantons de Suisse alémanique, employant plus de 200 collaborateurs. La fondation d’œuvre sociale du pasteur Sieber a connu des problèmes financiers dans les années 1990 et 2000, qui ont conduit au départ de sa figure tutélaire.

En 2012, à 85 ans, Ernst Sieber a inauguré le premier «village» de sans-abri de Suisse à Zurich-Affoltern. Construits sur 3000 m2 avec des éléments préfabriqués en bois, les deux bâtiments peuvent accueillir 50 personnes qui gèrent elles-mêmes les lieux. L’installation a été baptisée «Brothuuse», traduction alémanique du mot hébreu Bethléem («maison du pain»).

Lire aussi: Premier village de sans-abris à Zurich

La présence des locataires est limitée dans le temps. L’organisation autonome du village doit leur permettre de se sentir à nouveau comme des membres à part entière de la société. Le terrain occupé par la «Brothuuse» appartient à la ville. Ce projet constituait un rêve de longue date du pasteur. Il avait reçu un don de 75 000 francs de la fédération protestante de la ville de Zurich pour le réaliser.

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