EPFL

Patrick Aebischer: «Le centre de congrès fait partie intégrante du concept de campus»

Le président de l’EPFL défend le grand centre inauguré en 2014, que critique le Contrôle fédéral des finances

La critique est sévère: dans un rapport publié lundi, le Contrôle fédéral des finances accuse l’EPFL d’avoir négocié des conditions trop favorables à ses partenaires privés, lesquels louent à l’école les bâtiments qu’ils ont construits: le quartier de l’Innovation et le quartier Nord.

Lire notre article: Le Contrôle fédéral des finances accable l’EPFL pour ses bâtiments spectaculaires

Ce dernier abrite des logements et le vaste centre de congrès, qui n’est pas, à cette heure, rentable. Président de l’EPFL, Patrick Aebischer répond aux reproches.

Le Temps: Vous dites avoir monté ces partenariats faute de soutiens fédéraux suffisants. Mais au bout du compte, ne vont-ils pas coûter cher à l’EPFL et à la Confédération?

Patrick Aebischer: Le quartier de l’Innovation est bénéficiaire, les start-up ont déjà levé plus de 300 millions de francs cette année. Les logements d’étudiants sont pleins et répondent à une réelle demande. Les magasins, restaurants et autres surfaces commerciales constituent un pôle d’attractivité et contribuent à la vie du campus. Le Swisstech Convention Center (STCC, le centre de congrès) fait partie intégrante du concept de campus vivant tel qu’imaginé au début des années 2000. Il constitue un outil pour la communauté EPFL et la région. En termes de risques, et s’il ne devait accueillir aucune manifestation, ce qui n’est de loin pas le cas, il coûterait à l’EPFL un maximum de l’ordre de 3 millions par an, soit 0,5% du budget fédéral de l’EPFL.

– S’agissant du quartier de l’Innovation et du quartier Nord, le Contrôle fédéral des finances parle de rendements «excessifs». N’avez-vous pas été trop généreux pour attirer les investisseurs?

– Les conditions de financement de ces projets d’infrastructures avaient dûment fait l’objet d’appels d’offres, et les investisseurs avaient été sélectionnés au mieux offrant. Il est clair que les conditions de financement de ces projets sont le reflet des conditions du marché de l’époque. Celles-ci vont inévitablement évoluer sur la durée.

– Le centre de congrès n’était-il pas le projet de trop?

– Au contraire, le STCC fait partie intégrante du quartier Nord, avec ses logements pour étudiants, sa polyclinique et ses entités commerciales – pharmacie, restaurants, supermarché, etc. Il répond à la vision de développement du campus des hautes écoles lausannoises, qui va se poursuivre dans les années à venir.

Publicité