«Même si les débuts ont été difficiles, je me suis passionné pour cette école. J'ai encore l'enthousiasme et la force.» Patrick Aebischer, président de l'EPFL, formule ainsi sa volonté de rempiler pour quatre ans, jusqu'à février 2012. Le Conseil fédéral l'a reconduit ce vendredi. En contraste avec ses propres intentions initiales: en 2000, le Fribourgeois annonçait vouloir accomplir deux mandats de quatre ans, et pas plus.

Mais «je n'évaluais pas dans toute leur mesure les chantiers à venir», s'explique-t-il. Entre autres, les effets des nouveaux cursus issus de la convention de Bologne, le déploiement des sciences de la vie et la reprise de l'Institut suisse de recherche contre le cancer, ou l'extension du campus en cours, avec la construction de la grande bibliothèque (le learning center, dont le chantier a démarré), suivie à l'horizon 2011 d'un centre de congrès, un hôtel et de logements pour étudiants: «Il n'aurait pas été fair-play de laisser ces responsabilités, déjà très engagées, à quelqu'un d'autre.»

Dans la durée

Fait piquant, alors que son démarrage fut spécialement pétaradant, Patrick Aebischer est, avec le recteur zurichois Hans Weder, l'un des plus anciens responsables académiques en poste aujourd'hui. L'arrivée de ce président hors sol, âgé cette année-là de 44 ans, qui venait de la recherche médicale du CHUV et qui annonçait sa volonté d'investir les sciences du vivant, avait provoqué des levées de boucliers dans l'école d'ingénieurs. A présent, il la dirige alors qu'à l'EPFZ, Ernst Hafen a duré neuf mois, et que Ralph Eichler a démarré en septembre. De plus, la présidence du Conseil des EPF, ainsi que le Secrétariat d'Etat à l'éducation et la recherche changent aussi de titulaires au 1er janvier. Enfin, les universités de Neuchâtel, Genève et Lausanne ont aussi vu leur direction modifiée durant ces deux dernières années. Avec sa constance, l'EPFL jouit sans conteste d'un avantage concurrentiel dans le paysage national.

Patrick Aebischer l'exprime avec ses termes: «On ne fait pas de grande réforme en quatre ans seulement, il faut une continuité.» Au reste, la longue durée de vie en fonction des présidents est une habitude à l'EPFL, qui n'a connu que quatre patrons depuis 1969, année de la fédéralisation de l'école.

L'équipe dirigeante ne devrait pas subir de grande modification. En revanche, le président envisage la création d'une nouvelle faculté, la sixième. Celle-ci sera dédiée au management de la technologie, domaine que l'école développe en lien notamment avec le Swiss Finance Institute, et qu'elle formalise par l'instauration d'une filière de master en management de la technologie et entrepreneuriat.