Débats

Pour le patron du CICR, «le Pacte sur les migrations est décisif» 

Peter Maurer compte sur un large soutien envers le Pacte des Nations Unies sur les migrations, celui-ci posant selon lui «le cadre du débat» en la matière. Face à l’opposition émanant des commissions parlementaires, le Conseil fédéral a décidé de reporter sa décision

Le président du CICR, Peter Maurer, compte sur un large soutien envers le Pacte des Nations Unies sur la migration. Que la Suisse accepte le pacte ou non, Peter Maurer estime l’accord primordial, car il définit des critères harmonisés pour une migration ordonnée.

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Le patron du CICR part du principe que l’accord va poser «le cadre du débat sur les migrations» ces prochaines années. Il s’attend à ce qu’une majorité de 160 à 180 pays approuvent le Pacte de l’ONU sur les migrations lors de la conférence des Etats à Marrakech les 10 et 11 décembre. «Ces rapports de forces vont créer des réalités politiques», a déclaré le Suisse Peter Maurer dans un entretien à la Neue Zürcher Zeitung (NZZ).

«Etrange» si la Suisse ne soutient pas l’accord

Dans ce contexte, le président du CICR trouverait «étrange» que la Suisse n’accepte pas le pacte. Car ce texte existe notamment grâce à la Confédération, qui a offert ses services pour les négociations.

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Le CICR a également participé aux délibérations. À cet égard, Peter Maurer considère le pacte comme un bon compromis, malgré ses faiblesses. «Le Pacte des Nations unies sur les migrations a d’ailleurs été négocié» de manière totalement transparente «pendant près de trois ans».

Débat serré au parlement

Mardi soir, le groupe libéral-radical a annoncé qu’il rejetait le pacte à la majorité. Le groupe PDC demande lui que ce pacte soit soumis à un vote des Chambres fédérales.

Le Conseil fédéral a annoncé mercredi dernier qu’il ne se rendrait pas à la conférence de Marrakech les 10 et 11 décembre lors de laquelle le pacte sera formellement adopté. Face à l’opposition émanant des commissions parlementaires, il a décidé de reporter sa décision et de ne trancher qu’après les débats aux Chambres.

Le Conseil des Etats examinera le texte jeudi et le Conseil national une semaine plus tard.

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Au sujet du Pacte des Nations Unies sur la migration

Non contraignant, ce document de quelque 25 pages, premier du genre sur ce sujet, recense des principes - défense des droits de l'homme, des enfants, reconnaissance de la souveraineté nationale - et une vingtaine de propositions pour aider les pays à faire face aux migrations en facilitant l'information, l'intégration des migrants, l'échange d'expertises. Le Pacte interdit les détentions arbitraires, n'autorisant les arrestations qu'en dernier recours.

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