Pour l'Argef, il n'est pas question d'inciter les cantons, principaux responsables du système éducatif en Suisse, à reprendre tel quel le modèle tessinois, mais plutôt à l'utiliser comme référence. Leur démarche est simple: organiser à l'échelle des cantons des conférences réunissant les principaux acteurs du problème, politiciens et membres des autorités.

«Il s'agit, par des manifestations d'information, de faire en sorte qu'une majorité émerge qui soutienne une révision de la loi sur les écoles obligatoires allant dans le sens de notre projet», explique la présidente Regula Ernst-Schneebli, qui insiste sur le fait qu'il n'est nullement question de passer outre la compétence des cantons en la matière: «A ce stade, la stratégie a conduit dans la plupart des cantons à des interventions parlementaires de toutes sortes», précise la présidente. Mais la démarche a un coût, estimé à 230 000 francs. Pour récolter des moyens, elles ont tenté le porte-à-porte. Mais elles ont très vite cessé, lassées de se heurter aux mêmes refus basés sur l'argument: «Il n'y a pas de meilleure éducatrice pour l'enfant que la mère», relève Regula Ernst-Schneebli. Pour cette raison, l'Argef a finalement trouvé une autre source de financement: le patronage. S'adressant d'abord aux femmes, puis, depuis quelques semaines aux hommes, elle a réuni un certain nombre de personnalités parmi lesquelles des élus cantonaux ou nationaux, des hommes et femmes d'affaires et même une ancienne conseillère fédérale en la personne d'Elisabeth Kopp.

Tous ont accepté de verser une somme pour ce projet. Des entreprises – parmi lesquelles Migros avec 10 000 francs – soutiennent également l'Argef dans sa démarche: «A ce stade, nous avons réuni quelque 60 000 francs», précise Gabriela Winkler, secrétaire dirigeante de l'association.