«Le fait que des employeurs utilisent des personnes sans papiers, pour résoudre notamment des questions de salaires trop élevés, est inacceptable: c'est une atteinte à la loi», explique avec fermeté Peter Hasler, directeur de l'Union patronale suisse. «Par ailleurs, beaucoup de ces personnes n'ont pas de sécurité sociale, ce qui pose des problèmes en cas d'accidents. Mais une amnistie générale des sans-papiers n'est pas concevable: la Suisse ne peut pas agir de la sorte vis-à-vis de l'Union européenne. Nous sommes pour une analyse des dossiers, dont certains sont sensibles, au cas par cas.» Ce sont des propos tout à fait similaires que tient David Simon, collaborateur scientifique auprès d'economiesuisse: ce dernier se déclare opposé au système de quotas et estime que «ce n'est pas par un coup de baguette magique qu'on peut amnistier les sans-papiers en bloc». «Car il y a des lois à respecter.» Même avis – mais exprimé plus prudemment – sur les employeurs qui recourent aux clandestins: «Ils ne devraient pas le faire.» David Simon ajoute que certaines branches se débrouillent mieux que d'autres pour la lutte contre le travail au noir. Celle de la construction, par exemple. «Des commissions paritaires sont mises sur pied pour lutter contre le travail au noir sur les chantiers. D'autres branches ne font rien pour éradiquer le problème», précise-t-il. L'Union suisse des arts et métiers (USAM), elle aussi, condamne catégoriquement le travail au noir, «qui trompe le marché», et s'oppose à toute idée d'amnistie, générale ou partielle. «Si on décide maintenant d'accorder des permis de séjour à tous les clandestins, il y en aura 300 000 nouveaux qui viendront!» déclare Jürg Zbinden, chef de presse de l'USAM. Un souci d'«attraction» que le conseiller fédéral Pascal Couchepin a soulevé à maintes reprises.