L'Entente bourgeoise a récolté selon ses estimations environ 5300 signatures contre les cabanons de bronze que le Conseil administratif (exécutif) veut voir fleurir sur les quais de Genève. Aboutissement du référendum que la droite avait lancé à la mi-octobre, ces milliers de paraphes seront déposés aujourd'hui même au Palais Eynard, siège de l'exécutif de la Ville. Si toutes ces signatures sont valables, la population devra se rendre aux urnes, mais la date du scrutin n'est pas encore connue.

Conseillère municipale libérale, membre du comité référendaire et candidate de la droite à l'exécutif dans le cadre des élections du printemps prochain, Nathalie Fontanet se dit «très contente» de l'aboutissement du référendum: «C'est la preuve que la population estimait que ce projet n'était pas bon!» Selon elle, «beaucoup de gens se sont sentis spoliés car la Rade appartient à tout le monde. Même des gens qui n'habitent pas Genève voulaient signer le référendum.»

Le Parti libéral avait lancé le référendum en solitaire, au grand dam des autres partis de l'Entente. Aujourd'hui, les tensions internes à la droite sont totalement oubliées. C'est même l'union qui prévaut, puisque «les partis de l'entente sont actuellement en réflexion pour mettre sur pied différents projets, dont une initiative populaire pour permettre aux Genevois de se réapproprier la Rade», rappelle Nathalie Fontanet.

Pour Pierre Maudet, conseiller municipal radical, ces 5000 signatures représentent une «jolie performance». «La première chose que les gens souhaitent actuellement, c'est nettoyer les quais», estime-t-il. En tout état de cause, le projet des pavillons a de toute façon peu de chances de se réaliser selon lui, car Christian Ferrazino quittera ses fonctions à la fin de la législature l'an prochain: «Personne ne croit vraiment à l'aboutissement de ce projet qui a tant de plomb dans l'aile.»

Des cabanons multicolores

«Cela n'a jamais été le projet de Ferrazino, mais celui du Conseil administratif!» répond le principal intéressé, Christian Ferrazino lui-même, magistrat genevois chargé de l'Aménagement du territoire. «Quant aux pavillons, nous avons déjà décidé de les améliorer. La critique principale formulée par la population à leur encontre était leur matière (du bronze) et leur couleur (brune). Un aspect trop triste et austère! Nous allons remplacer cette matière par de l'inox de plusieurs couleurs.»

Le conseiller administratif ne se fait aucun souci pour le scrutin populaire, se basant sur le «très bon accueil populaire» qu'a suscité le pavillon d'essai placé aux abords du jet d'eau. Selon lui, les cabanons ne sont d'ailleurs qu'un seul aspect du réaménagement de la Rade que les autorités genevoises proposent: «En lançant son référendum, le Parti libéral met le débat au ras des pâquerettes. Le Conseil administratif a une vision d'ensemble de la Rade dans laquelle s'intègre toute une valorisation du bord de l'eau pour les piétons.»