«Une décision sage» et «une démarche qui va dans le très bon sens»: c’est ainsi que Nicolas Sarkozy a salué, vendredi, la décision de la Suisse et du Luxembourg d’assouplir le secret bancaire en autorisant davantage d’information. La Suisse a désormais une chance réelle d’échapper à son pire cauchemar, l’inclusion sur une «liste noire» de paradis fiscaux, assortie de sanctions. Encore que...

Avant même l’annonce du Conseil fédéral, le G20, qui regroupe les principales économies occidentales et émergentes, apparaissait divisé sur la question.

«Les choses vont changer»

D’abord parce que pour les Etats-Unis, la «liste noire» n’est pas une priorité. «Eux, c’est la relance, la relance, la relance. La lutte contre les centres non coopératifs passe au second plan», explique un haut fonctionnaire français qui suit de près la préparation du sommet.

Ensuite, le processus d’élaboration de la «liste noire» reste flou. Et la question des sanctions n’est pas tranchée. «A ce stade, il n’y a aucun mécanisme prévu pour prendre des mesures qui pourraient faire mal», ajoute la source précitée. L’examen de ces sujets pourrait être renvoyé après le sommet du 2 avril, et délégué par le G20 à des comités spécialisés.

Mais la simple menace d’une «liste noire» a déjà atteint son but, en forçant les pays à secret bancaire à céder du terrain: «Ces Etats, conclut le fonctionnaire, ont compris que les choses doivent et vont changer.»