Haute-Savoie

Au pays du Mont-Blanc, «la qualité de l’air est mortelle»

Face aux caméras de France 2, un médecin alerte sur les conséquences dramatiques de la pollution dans la Vallée de l’Arve. Un maire demande des sanctions à son encontre pour propos «limite»

Les pics de pollution observés ces derniers jours dans la Vallée de l’Arve sont à l’origine d’une vive polémique entre le maire de Saint-Gervais les Bains, Jean-Marc Peillex, et Frédéric Champly, médecin urgentiste à l’hôpital de Sallanches. L’élu a demandé des sanctions à l’encontre du praticien qui aurait tenu des propos «limite» sur France 2 le dimanche 15 février.

Le reportage de la chaîne publique consacré au pays du Mont-Blanc, «la région la plus polluée de France à cause des particules fines, du soufre et de l’ozone » a donné la parole au docteur Champly qui a évoqué «une qualité de l’air mortelle». Un chiffre a été avancé : 60 personnes mourant prématurément chaque année de maladies liées à cette pollution.

Frédéric Champly a remis en cause l’efficacité des mesures comme l’interdiction des poids-lourds, le confinement des enfants ou des personnes souffrant de maladies respiratoires ou cardiaques. Des propos qui ont poussé Jean-Marc Peillex à demander des sanctions de l’Agence régionale de santé (ARS). Joint par Le Temps, Jean-Marc Peillex explique : «Ce que dit le docteur est limite car avancer que l’air est mortel est d’une extrême gravité et aucunement prouvée, 60 morts est un chiffre rond dont je n’ai jamais entendu parler.

Si ce médecin a parlé au nom de son organisme de tutelle, c’est là aussi grave parce que dans ce cas l’ARS a tu cette situation. Dans le cas contraire, l’ARS doit sanctionner si elle ne partage pas ces propos ». Le préfet de Haute-Savoie a fait savoir que Frédéric Champly étant un médecin hospitalier, seul le conseil de l’Ordre pouvait prendre des mesures à son encontre.

L’urgentiste qui a réagi sous forme de communiqué a maintenu ses affirmations et se dit déterminé à continuer à jouer le rôle de «sentinelle». Celui qui a reçu ces jours derniers en consultation 30% d’enfants de plus que d’habitude à cause de toux chroniques, exige «des politiques fortes».

Une importante chaîne de soutien s’est créé via les réseaux sociaux pour le soutenir et vilipender certains élus «qui ne souhaitent pas que la pollution soit trop médiatisée afin de préserver l’économie du tourisme». Argument qui fait bondir Jean-Marc Peillex : «Je suis le premier ici à parler de pollution tandis que la gauche et les écologistes ne font rien. Je viens de présenter un plan qui vise à créer un fonds air trafic pour aider les entreprises à changer leurs véhicules polluants et un fonds air industrie pour diminuer les émanations.

Mais les élus locaux ont des pouvoirs limités, la santé publique est de la compétence de l’Etat». Il y a un an, 84 médecins de Haute-Savoie avaient écrit à François Hollande pour lui demander que le Plan de protection de l’atmosphère intègre davantage les nuisances liées au trafic routier. Ils révélaient que selon l’ARS 40 décès par an pour 100 000 habitants avaient pour origine la pollution de l’air dans la Vallée de l’Arve.

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