Un an après qu’elle a dû céder aux pressions internationales sur le secret bancaire, Le Temps a dressé le bulletin de santé de l’image de la Suisse à l’étranger (voir Le Temps du samedi 13 mars). Dans son édition de demain, Le Temps donne la parole à Christoph Blocher, père spirituel de l’UDC et chef de file des nationalistes. Il donne sa vision de la position que la Suisse occupe sur le plan international. Il s’exprime aussi sur la stratégie de son parti en vue des élections fédérales de 2011 et du rôle qu’il compte y jouer. Extraits

Christoph Blocher: «Arrêtons d’avoir peur. Les pays n’ont pas d’amis. Ils ont des intérêts. La Suisse doit défendre ses intérêts et ses droits. Elle n’est pas isolée. Nous avons par exemple un problèmes avec le secret bancaire. Mais d’autres pays cherchent des alliés pour résoudre d’autres questions. Comme par exemple le transit nord-sud ou la libre circulation des personnes. Ou les Etats-Unis dans les affaires de terrorisme. Nous pouvons souvent offrir une solution. Il faut lier ensemble les différents intérêts. Echanger une aide contre une autre. Mais le Conseil fédéral refuse de le faire. Chaque département conduit ses propres dossiers indépendamment des autres.

- La Suisse n’est pas isolée, puisque son économie est intégrée à plus de 80 % dans celle de l’UE, la moitié de nos lois sont eurocompatibles. Nous faisons partie de Schengen, de la libre circulation, etc. Pourquoi ne pas franchir le dernier pas de l’intégration ?

- Vous avez raison, nous sommes totalement européens. Une personnalité européenne m’avait dit : « la Suisse n’a pas besoin d’adhérer à l’UE, elle y est déjà si liée ». Mais les Suisses veulent décider librement de leur futur par le biais de la démocratie directe. Et c’est pourquoi le taux de TVA en Suisse n’est que la moitié de celui de nos voisins. Ici les citoyens décident de leurs impôts. Autre exemple, le peuple n’aurait pas pu voter contre les minarets dans l’UE.

- Vous en êtes certain ?

- Oui, car en Europe les règles sont les mêmes pour tous les pays, et décidées par des fonctionnaires à Bruxelles. L’ancien président allemand Roman Herzog avait dit à l’époque déjà que 80% des lois allemandes sont élaborées à Bruxelles (...)»

Retrouvez la totalité de cet entretien demain dans l’édition papier du Temps, et sur le web