Grève des femmes

Paysanne, le travail invisible

Pour plusieurs paysannes suisses en vue, la grève des femmes du 14 juin sera l’occasion de faire valoir une revendication au cœur d’un vif débat qui a lieu actuellement dans la branche: une couverture sociale inscrite dans la loi

Le 14 juin prochain, Lotti Baumann se rendra à Aarau pour participer à la grève des femmes. La présidente de la section argovienne des paysannes et femmes rurales, membre du PDC, appelle toutes les habitantes de la campagne à la rejoindre. Plutôt inhabituel, le ton ne plaît pas à tout le monde. «Chez nous, ça ne se fait pas. Je dépense beaucoup d’énergie à convaincre les femmes que cette grève n’est pas conçue pour nuire ou attaquer, mais pour revendiquer des droits. Et aussi pour prendre conscience de notre situation.»

Certains ne voient pas d’un bon œil ce ralliement à un mouvement dont l’élan vient de la gauche. Mais pour cette paysanne de Beinwil am See en Argovie, les femmes rurales «doivent se solidariser, peu importe la couleur politique». D’autant plus qu’elles ont tendance à «faire passer les besoins de leur famille avant les leurs». Comme lorsqu’elles renoncent à un salaire.