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Un hélicoptère de l’armée amène de l’eau à l’alpage d’Oberbätruns, dans le canton de Saint-Gall.
© ENNIO LEANZA/KEYSTONE

Canicule

Les paysans suisses appellent la Confédération à l’aide

A genoux face au manque d’eau et de fourrage, les agriculteurs demandent l’appui de la Confédération. Alors que plusieurs cantons mobilisent l’armée pour abreuver leur bétail, la capacité d’adaptation helvétique au changement climatique est mise à l’épreuve

Confrontés à des précipitations historiquement faibles, les éleveurs helvétiques les plus isolés sont dans une situation critique. Ils ne disposent plus que de quelques jours de réserves d’eau. Après le canton de Saint-Gall, Vaud a ainsi annoncé ce vendredi qu’il ferait appel à l’armée, dont les hélicoptères porteront secours au bétail assoiffé dès la semaine prochaine. Pour une période indéterminée. Selon MétéoSuisse, qui vient de relever le degré d’avertissement canicule du Valais central et du bassin lémanique à 4 sur 5 (danger fort), les hautes chaleurs devraient en effet perdurer au moins jusqu’à mercredi prochain, avec des pics de température allant jusqu’à 36 degrés en plaine.

Appel à des mesures d’urgence

La situation est critique, confirme le conseiller national Jacques Bourgeois (PLR/FR), président de l’Union suisse des paysans (USP). «Les cultures souffrent beaucoup, notamment les pommes de terre, le maïs et la betterave à sucre. En ce qui concerne les bovins, l’eau se fait rare dans certaines exploitations et les éleveurs doivent entamer le fourrage prévu pour cet hiver, qui fera donc défaut à ce moment-là. De plus, on s’attend à ce que les dernières coupes de la saison soient quasiment nulles. S’il n’est pas possible d’acheter du foin quelque part, il faudra emmener les bêtes à l’abattoir plus vite que prévu.» Car les prix sont à la hausse partout en Europe, souligne le Fribourgeois, qui demandera à l’Office fédéral de l’agriculture mardi prochain que soient mises en place des mesures d’urgence.

«Tout d’abord, nous aimerions que les droits de douane sur le fourrage, actuellement de 3 francs par 100 kilos, soient ramenés à zéro. Nous demanderons éventuellement la même chose pour le maïs dans un deuxième temps. Ensuite, les aides aux exploitations doivent être assouplies. Il faut par exemple que l’on puisse reporter le remboursement des crédits d’investissement. Enfin, j’en appelle à la solidarité de tous les autres acteurs, notamment dans le domaine du lait. S’il y en a moins, il faut que l’on puisse adapter les prix pour faire face.» Le consommateur sera-t-il prêt à ouvrir sa bourse pour soutenir les paysans en difficulté? «Je pense que oui», dit leur représentant.

«Les moyens ne sont pas suffisants»

Chef de l’état-major cantonal vaudois de conduite du plan ORCA (Organisation en cas de catastrophe), qui coordonne les opérations avec la Direction générale de l’agriculture et l’armée, Denis Froidevaux est soucieux: «Environ 40 alpages isolés doivent être approvisionnés en eau en début de semaine prochaine, dit-il, et la tendance météo n’est pas bonne.» Si des améliorations ont été faites depuis 2015 – la première fois que l’armée est intervenue pour abreuver le bétail vaudois –, les infrastructures des alpages ne sont pas à jour par rapport aux tendances climatiques, souligne-t-il.

«Les moyens d’intervention ne sont pas non plus suffisants. Ni en termes d’hommes, ni en termes de machines», dénonce le brigadier, qui fustige la baisse continue du budget de l’armée sur ces 20 dernières années. Les besoins sont importants, et le canton de Vaud n’est pas le seul à vivre une situation difficile dans le pays, rappelle-t-il: «Le Tessin connaît par exemple un risque d’incendie critique qui nécessite que plusieurs hélicoptères y demeurent en réserve.»

«Il faut montrer aux paysans que nous les soutenons»

Chef du Service de l’agriculture vaudois, Frédéric Brand concède que ce type de mesure n’est pas durable. «Toutefois, la politique mise en place représente plus généralement un soutien aux agriculteurs, dont certains sont gagnés par le découragement, dit-il. Le nombre de producteurs de lait diminue par exemple chaque année. Dans ce contexte, ces aides ponctuelles sont importantes pour montrer la reconnaissance de l’Etat et pour maintenir l’activité dans le canton.»

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