La débâcle subie dimanche par le PBD dans le canton de Bâle-Campagne ne changera rien à la stratégie du parti d’Eveline Widmer-Schlumpf pour les élections fédérales. «Il serait faux de nous fixer des objectifs plus modestes», a confié lundi à l’ats le président du PBD Martin Landolt.

Dimanche, le Parti bourgeois-démocratique (PBD) a perdu trois de ses quatre sièges au parlement cantonal de Bâle-Campagne. Les autres partis du centre ont en revanche pu maintenir leurs mandats: le PDC 8, le PEV 4 et le PVL 3.

«Nous devons prendre au sérieux ce résultat», a déclaré lundi à l’ats Lorenz Hess, chef de campagne et vice-président du PBD. Le Bernois ne veut toutefois pas surinterpréter: «Les rapports dans les cantons sont souvent différents de ceux au plan fédéral».

Depuis octobre 2011, le PBD a perdu, au total, un siège dans les parlements cantonaux . Selon différents baromètres électoraux, il peut compter sur une part d’électeurs de 5 à 6%. Aux dernières élections fédérales, il a atteint 5,4%.

Défaite aussi à Berne

Malgré la défaite à Bâle-Campagne et celle de mars 2014 dans le canton de Berne (11 sièges perdus sur 25 au parlement), la direction du PBD n’entend pas réorienter le parti. «Rien ne changera dans la stratégie», lance Lorenz Hess. L’objectif est de conserver au moins les mandats acquis en 2011.

Lors du lancement, à la mi-janvier, de la campagne pour les élections fédérales, le parti visait trois mandats en plus des neuf qu’il détient au Conseil national. Le président Martin Landolt maintient cet objectif: «Nous avons du potentiel dans les cantons de Vaud et de Thurgovie», affirme-t-il.

Lorenz Hess évoque même une «certaine consolidation» des suffrages. «Peut-être avons-nous vécu jusqu’ici un peu trop au-dessus de nos moyens, peut-être avons-nous volé un peu trop haut», concède-t-il.

Pas avec l’UDC

Il importe surtout que le centre reste un ensemble fort. Des apparentements de listes avec l’UDC, qui a fortement progressé dans les cantons depuis quatre ans, restent toutefois exclus. «La majorité de la base est contre», explique Lorenz Hess.

Le comité directeur est toutefois ouvert à des collaborations avec d’autres partis comme le PDC, le PLR, le PEV et le PVL. Or, à l’exception des Vert’libéraux, ces formations ont toutes laissé des plumes depuis 2011 au plan cantonal. «Nous examinons la chose au cas par cas, canton par canton», précise Martin Landolt.

En même temps, le président du parti ajoute que le PBD sera jaugé en automne à l’aune de ses thèmes électoraux. Lors de l’assemblée des délégués, le Glaronais avait parlé de «positions courageuses, orientées vers des solutions». Le parti doit se doter d’un «profil clair et autonome».

Lorenz Hess souligne lui aussi que le parti doit rester «honnête et authentique». Le Bernois préfère l’indépendance aux manèges politiques, dit-il.