La question de l’avenir du Parti bourgeois démocratique après la démission de la conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf aura été au centre de toutes les discussions de son assemblée des délégués, samedi à Berne. Ce fut aussi l’occasion d’un long hommage à la ministre sortante, véritable icône du PBD. Même si  Eveline Widmer-Schlumpf a répété que le parti n’était pas son « fan’s club » et que son départ était une chance de renouveau.

Mais la grande interrogation à laquelle ni elle ni le président Martin Landolt n’ont répondu était celle de la place du PBD dans un centre politique en perte de vitesse. Interrogé en début de séance, l'ancien conseiller fédéral Samuel Schmid a brièvement répété que l'avenir des partis du centre était désormais dans une collaboration à imaginer pas à pas.

Constat d'échec de Martin Landolt 

Quinze jours après les élections fédérales qui ont vu le PBD perdre deux de ses neuf sièges au Conseil national et reculer dans ses fiefs de Berne et des Grison, Martin Landolt a reconnu l’échec de sa formation, mais aussi du centre politique. Même si les menaces du chaos de l’asile, des juges étrangers ou de l’adhésion insidieuse à l’UE brandies par l’UDC ne se sont pas réalisées, «nous n’avons pas réussi dans la mesure espérée à libérer les gens de ce pays de la peur qui avait été attisée», a avoué le président.

Alors que depuis le dimanche des élections les déclarations des dirigeants de partis du centre se multiplient pour appeler à un renforcement de leur collaboration, voire à une alliance formelle, Martin Landolt n’a rien livré des réflexions de sa direction. Certes, a-t-il avoué, en ne dévoilant son intention de démissionner que mercredi dernier, alors que sa décision était prise depuis dix jours, Eveline Widmer-Schlumpf répondait au désir des partis du centre de se préparer à cette nouvelle donne.

Pas de bouleversement de la stratégie

Mais pour autant, et malgré les appels du président du PDC Christophe Darbellay à tenter une nouvelle alliance, Martin Landolt estime qu’il n’est «pas nécessaire de bouleverser complètement notre stratégie». Tout en annonçant vouloir s’investir pour que le centre bourgeois prouve, par une présence plus compacte, moins fragmentée son importance pour les solutions dans ce pays.

Au moment de prendre congé du parti créé il y a sept ans en réaction à son exclusion de l’UDC après son élection au Conseil fédéral, Eveline Widmer-Schlumpf n’a pas livré de véritable testament politique. Sinon pour demander à son parti de continuer à être celui qui se bat contre l’insécurité juridique, ce poison pour l’économie et l’enjoindre de s’investir dans le changement de politique énergétique.

Le parti avance 

Les larmes aux yeux, elle a révélé que souvent elle avait eu «la désagréable impression d’être l’arbre qui cache la forêt». Son départ va permettre au PBD, qui ne sera plus un parti gouvernemental,  de mieux faire entendre sa voix, espère-t-elle. Il y a sept ans le PBD a décidé de se lancer, de tracer son propre chemin, «nous avons décidé d’y aller et nous sommes en train d’avancer», a-t-elle dit, s’adressant plus particulièrement aux sections romandes.