Vaud

Le PDC Axel Marion veut casser le clivage gauche-droite

Un sixième candidat s’est lancé dans la course au Conseil d’Etat vaudois, en la personne du député et conseiller communal lausannois. Se profilant comme un homme de consensus, le centriste aspire à une «nouvelle formule» au sein de l’exécutif

«Dans un canton polarisé comme celui de Vaud, nous avons besoin d’un centre fort», a déclaré Isabelle Tasset Vacheyrout, coprésidente du PDC Vaud, mardi devant les médias. Elle présentait la candidature du Lausannois Axel Marion pour reprendre le siège du ministre socialiste Pierre-Yves Maillard, le 17 mars. Une «occasion unique» pour le PDC d’entrer au sein de l’exécutif et de renouer avec le «compromis dynamique».

«Trois conseillers d’Etat de gauche, trois de droite et un du centre, c’est la meilleure équation pour atteindre le consensus, a affirmé Gérald Cretegny, coprésident du PDC Vaud. Cela va dans le sens de la culture vaudoise.» Désigné unanimement par le parti en décembre, Axel Marion, député et conseiller communal, est convaincu de la légitimité d’une «nouvelle formule», à l’heure où la ligne du Conseil d’Etat est «flottante».

Un universitaire au front

Selon le PDC, son poulain de 40 ans a les qualités pour séduire une majorité de Vaudois. Proche du milieu de la recherche et engagé en politique depuis quinze ans, Axel Marion est à la fois un homme réfléchi et de terrain. Interrogé sur ses capacités à diriger un département, celui qui est responsable du domaine politique de Swissuniversities à Berne dit gérer au quotidien une équipe de huit personnes: «Ce qui ne fait pas de moi un manager, mais montre mes compétences de rassembleur.» «C’est quelqu’un de consensuel, d’humain, mais aussi de ferme», a ajouté David Stauffer, président du PDC Prilly.

Axel Marion espère convaincre avec des solutions innovantes et pragmatiques. Il veut notamment améliorer le pouvoir d’achat des ménages, augmenter le nombre de places dans les crèches et garderies, revaloriser la formation duale, faire baisser les primes d’assurance maladie ou encore limiter les charges pesant sur les PME.

Soutien vert’libéral?

Mais comment récolter une majorité de voix dans un canton où le PDC n’a atteint qu’un score de 3% aux dernières élections cantonales? Si le parti cherche activement le soutien des membres de l’Alliance du centre (Vaud libre, le PBD, l’UDF et le Parti évangélique), dont il fait partie, il peut aussi espérer un appui des Vert’libéraux (PVL). «Une alliance avec l’UDC semblant écartée, le PVL pourrait soutenir une candidature centriste», évoque Axel Marion, qui a eu «des contacts informels» avec le parti.

La grande inconnue reste le PLR, qui n’a pour l’instant pas présenté de candidat et se réunit le 16 janvier. «Le PLR a les cartes en main. Il peut décider d’offrir un siège en or au PS ou de donner sa chance à un parti plus proche pour obtenir une majorité», analyse Axel Marion. Si une alliance PDC-PLR semble peu probable, le candidat dit partager des positions avec le parti sur des thèmes comme la fiscalité, la sécurité et les entreprises.

«Nous pensons qu’une partie de Vaudois sont des centristes qui s’ignorent», a pour sa part conclu Isabelle Tasset Vacheyrout. Une «révélation» qui pourrait s’opérer lorsque le Lausannois se rendra aux quatre coins du canton pour rencontrer ses potentiels électeurs.

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