Politique

Le PDC devient un parti social-conservateur

La nouvelle ligne du PDC Suisse a été approuvée samedi lors du congrès estival du parti à Genève, malgré des critiques romandes. Les délégués ont aussi ouvert la voie à une initiative populaire pour introduire un frein aux coûts de la santé

Le PDC ancre sa politique sur une ligne sociale-conservatrice. Les quelques 500 participants au congrès estival du parti démocrate-chrétien, réunis samedi à Genève, ont suivi le projet de réforme présenté par leur présidence. Grâce à cette vision élaborée pendant un an, le président Gerhard Pfister «veut retrouver le chemin du succès».

Au coeur de cette stratégie, quatre duos de notions: liberté-solidarité, prospérité-justice, souveraineté-ouverture et dignité humaine-progrès. «Ce n'est pas une révolution, mais une évolution», a déclaré le Zougois. Le PDC Suisse, «véritable parti populaire» est un «trait d'union», a-t-il affirmé. 

Une vingtaine de voix, principalement genevoises, s'y sont opposées. L'utilisation du terme social-conservateur en allemand, pour décrire la politique du PDC, a heurté, même si Gerhard Pfister en a précisé le sens samedi. Il s'agit selon lui d'affirmer que le PDC est attaché aux valeurs suisses. Pour le conseiller aux Etats Soleurois Pirmin Bischof, pas question d'être conservateur au sens de faire de la politique «dans un rétroviseur». «Nous sommes conservateurs car nous sommes engagés pour ce pays et pour la famille», a-t-il souligné.

Le conseiller national vaudois Claude Beglé estime que les clarifications apportées «vont dans le bon sens». Il s'est opposé à une vision passéiste et au repli identitaire pour défendre une vision humaniste et ouverte au monde. Pour le Genevois Raymond Loretan, le terme conservateur est «incommunicable en Suisse romande».

De jeunes militants ont aussi insisté sur l'importance de parler des thèmes pour reconquérir les terrains électoraux perdus. «Il faut refaire de l'idéologie», a souligné le Genevois Benoît Cerutti.

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Une initiative pour introduire un frein aux coûts de la santé

Le PDC Suisse veut par ailleurs introduire un frein aux coûts de la santé, à l'instar du frein à l'endettement. Les participants au congrès ont approuvé une résolution pour élaborer une initiative populaire.

«Aujourd'hui, la situation et telle que la classe moyenne est à la limite de ce qui est acceptable et finançable», a déclaré le président du PDC Suisse Gerhard Pfister. Ce secteur a besoin de règles, de réglementations - mais aussi d'un leadership et de limites, a-t-il ajouté.

La solution du PDC Suisse passe par l'introduction d'un frein aux coûts: dès que les coûts par assuré à la charge de l'assurance obligatoire des soins augmentent plus fortement en moyenne annuelle qu'un certain index qui reste à définir, le Conseil fédéral doit prendre des mesures de limitation des coûts.

Les fausses indications et la sur-médication sont dans le viseur du parti. Selon le président, près de 20% des 30 milliards de francs dépensés chaque année pour la santé dans l'assurance-maladie obligatoire sont dépensés sans utilité ni nécessité directe.

D'abord la voie parlementaire

Deux motions PDC, qui vont déjà dans ce sens, sont pendantes, respectivement au Conseil national et aux Conseil des Etats, a rappelé Gerhard Pfister. Elles ont toutefois été rejetées par le Conseil fédéral. «Je ne suis pas prophète, mais je serais étonné que notre proposition obtienne une majorité au Parlement», a précisé le Zougois.

En cas d'échec de la voie parlementaire, la direction du parti a été chargée d'élaborer une initiative populaire. La résolution qui précise ce mandat a été acceptée à l'unanimité moins une abstention.

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